UNISIC : la rectrice Espérance Bayedila impose la rigueur par un vaste assainissement administratif
À peine installée à la tête de l’Université des sciences de l’information et de la communication (UNISIC), la rectrice, professeure ordinaire Espérance Bayedila, a engagé une série de décisions fortes visant à rétablir l’ordre administratif et académique au sein de cette institution publique.
Au cœur de cette démarche figure l’annulation de nombreuses décisions d’engagement prises entre 2022 et 2025 par l’ancien comité de gestion. Ces mesures font suite aux travaux d’une commission de contrôle mise en place dès l’arrivée de la nouvelle rectrice, chargée d’examiner la régularité des recrutements et des nominations effectués durant la période précédente.
Selon les conclusions de cette commission, plusieurs engagements ont été jugés irréguliers, notamment des recrutements opérés en violation des textes légaux et réglementaires en vigueur dans le secteur de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Parmi les manquements relevés figure le recrutement d’assistants ne disposant pas du Diplôme d’Études Approfondies (DEA), pourtant exigé par la circulaire Muhindo et par le système LMD.
Les décisions prises ont aussi entraîné la cessation de fonctions de plus de 250 agents, incluant des membres du personnel académique, scientifique et administratif, sans distinction de statut ou d’appartenance. Des cas emblématiques ont également été signalés, notamment l’exclusion de certains agents engagés frauduleusement comme assistants, alors qu’ils exerçaient déjà des fonctions dans d’autres structures publiques.
Face aux critiques et aux interprétations parfois qualifiées de « chasse aux sorcières », le rectorat insiste sur le caractère légal et institutionnel de ces mesures. Pour la rectrice Bayedila, il s’agit avant tout de restaurer la crédibilité de l’UNISIC, de garantir l’équité dans les recrutements et de promouvoir une gouvernance fondée sur la compétence, la rigueur et la méritocratie, en conformité avec la vision du gouvernement et du ministère de l’ESU.
De son côté, la Coordination estudiantine de l’UNISIC a appelé les étudiants au calme et au soutien des réformes engagées, estimant qu’elles visent à assurer une formation de qualité et à préserver l’avenir académique de l’institution.
L’UNISIC semble ainsi entrer dans une nouvelle phase de son histoire, marquée par la volonté de rompre avec les pratiques du passé. Reste toutefois la question de l’accompagnement des agents concernés, afin de concilier le respect strict de la légalité avec la justice sociale et la stabilité institutionnelle.