RDC : les conditions de Mutamba pour la participation de l'opposition « républicaine » au dialogue
Depuis sa cellule de prison, Constant Mutamba affirme soutenir le dialogue national inclusif annoncé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, tout en posant des conditions préalables à la participation de l’opposition dite « républicaine », dont il se désigne comme le chef de file.
Dans une correspondance adressée au peuple congolais, l’ancien ministre d’État en charge de la Justice estime que cette initiative, « si elle est sincère », peut contribuer à restaurer la cohésion nationale dans un contexte marqué par la guerre persistante dans l’Est du pays et par ce qu’il qualifie d’occupation étrangère.
Toutefois, Constant Mutamba conditionne la participation de l’opposition « républicaine » au respect de plusieurs préalables jugés essentiels. Parmi ces exigences figurent notamment des mesures de décrispation politique en faveur des opposants politiques et des leaders d’opinion non armés. Il évoque, à ce sujet, des arrestations qualifiées « d’arbitraires » ainsi que des condamnations jugées « injustes et contraires à l’État de droit ».
Le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2023 exige également des garanties sérieuses de sécurité et de confiance afin de favoriser le retour au pays des opposants contraints à l’exil, estimant que leur participation est indispensable à la crédibilité et à l’inclusivité du dialogue.
Constant Mutamba met par ailleurs en garde contre toute instrumentalisation du processus. L’ancien de l’UPC (Université protestante du Congo) insiste sur le fait que ce dialogue ne doit être ni un cadre de partage du pouvoir ni un mécanisme de réhabilitation politique d’acteurs accusés de trahison et de collusion avec des intérêts étrangers.