Airbus A320 de 36 ans à Congo Airways : une économie à court terme aux risques élevés
Selon des informations recoupées auprès de sources aéronautiques, l’Airbus A320 récemment introduit dans la flotte de Congo Airways, immatriculé ZS-GAS, figure parmi les plus anciens A320 encore en service dans le monde, avec un âge estimé à 36 ans.
Une opportunité commerciale pour le bailleur
Cet appareil appartient à Global Aviation, compagnie sud-africaine qui l’avait retiré définitivement de ses opérations en novembre dernier. Sa remise en service au profit de Congo Airways constitue, selon les analystes, une opération commerciale avantageuse pour le propriétaire, qui parvient ainsi à rentabiliser un avion en fin de cycle opérationnel.
D’après Delta Lima Bravo, analyste et consultant aéronautique, cette situation laisse supposer que le contrat de leasing a été négocié à un coût particulièrement bas, un facteur attractif pour une compagnie en difficulté financière, mais non sans contreparties.
Un avion ancien, des exigences techniques accrues
Si l’âge d’un avion ne constitue pas en soi un motif d’interdiction, son exploitation exige en revanche :
- une maintenance lourde et fréquente ;
- une disponibilité accrue des pièces de rechange, parfois rares ou coûteuses ;
- des contrôles structurels rigoureux, notamment sur la fatigue du fuselage et des ailes. On travaille même le dimanche
« Plus un avion est ancien, plus le risque d’immobilisation augmente, ce qui peut annuler les gains financiers réalisés sur le leasing », avertit ce dernier.
Des risques opérationnels et économiques pour Congo Airways
Selon l’analyste, l’utilisation d’un A320 aussi ancien expose la compagnie à plusieurs dangers :
- hausse des coûts de maintenance non planifiée ;
- retards et annulations de vols, affectant la régularité opérationnelle ;
- consommation de carburant plus élevée, comparée aux standards actuels ;
- dégradation de l’image de marque, dans un marché régional de plus en plus concurrentiel.
À cela s’ajoute le risque de non-rentabilité globale, si l’appareil passe davantage de temps au sol qu’en exploitation, tout en générant des frais fixes liés au leasing et au stationnement
Une logique de survie plus que de développement
Pour Delta Lima Bravo, le recours à un avion de 36 ans illustre une stratégie de survie à court terme, plutôt qu’une vision structurée de relance.
« L’économie réalisée sur le contrat peut rapidement être absorbée par les coûts indirects. Sans avions plus récents ou en propriété, Congo Airways reste enfermée dans une logique de gestion d’urgence », souligne-t-il.
Si l’arrivée du ZS-GAS permet à la compagnie d’afficher un renforcement symbolique de sa flotte, elle pose surtout la question centrale de la durabilité des choix opérés et de la capacité de Congo Airways à bâtir une relance crédible sur le long terme.