Congo Airways accueille un nouvel Airbus A320 : un renfort de flotte qui relance le débat sur la stratégie de la compagnie
Le 31 janvier 2026, Congo Airways a réceptionné un nouvel avion à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa. Il s’agit d’un Airbus A320, immatriculé ZS-GAS, appareil monocouloir d’une capacité opérationnelle d’environ 180 passagers, arrivé en provenance d’Afrique du Sud.
Cet aéronef constitue le deuxième appareil récemment intégré à la flotte de la compagnie nationale, après celui livré le 24 décembre 2025, dans le cadre d’un partenariat avec la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), selon une source proche du dossier.
Le choix du leasing, une solution transitoire aux limites structurelles
Si cette réception nourrit l’espoir d’une relance des opérations, elle ravive également des interrogations sur la stratégie de gestion de la flotte. Selon Delta Lima Bravo, analyste et consultant aéronautique, Congo Airways semble privilégier une stabilisation à court terme, en recourant quasi exclusivement au leasing de type wet lease / ACMI.
Or, souligne-t-il, cette approche comporte des coûts récurrents élevés et limite la crédibilité opérationnelle de la compagnie. À long terme, l’acquisition d’avions en propre apparaîtrait plus rationnelle pour réduire les charges, renforcer la confiance des partenaires et bâtir une croissance durable.
À ce jour :
les Embraer ERJ-190 sont exploités uniquement en leasing ;
le nouvel Airbus A320 réceptionné suit le même schéma ;
selon des informations internes, ce dernier serait loué pour une durée d’environ un an, confirmant une stratégie essentiellement conjoncturelle.
Équipages, mise en service et risques opérationnels
Au-delà du mode d’acquisition, la capacité réelle de mise en exploitation de cet A320 suscite des questions majeures. Les équipages techniques pilotes et personnels navigants commerciaux disposent-ils déjà des qualifications et certifications A320 nécessaires ?
L’absence d’un plan clair de mise en ligne (Entry Into Service – EIS) fait craindre un scénario similaire à celui de l’ERJ-190, immobilisé au sol depuis près d’un mois. Une situation qui entraîne :
des pertes financières liées au leasing ;
le paiement continu des redevances de stationnement et des taxes de parking à la Régie des Voies Aériennes (RVA) ;
une dégradation de la fiabilité opérationnelle et de l’image de la compagnie.
La question du crew disponible et opérationnel pour l’A320 reste donc centrale, tout comme celle de la politique de recrutement et de fidélisation des pilotes, dans un contexte marqué par une instabilité chronique et le risque récurrent de suspension des vols.
Une flotte sans avions propres, un frein à la relance durable
En l’absence d’avions détenus en propre, Congo Airways peine à sortir d’un cercle opérationnel contraignant, où chaque relance repose sur des solutions temporaires. Si l’arrivée de ce nouvel A320 symbolise un regain d’espoir, elle met surtout en lumière l’urgence d’une vision stratégique de long terme, condition indispensable à la pérennité de la compagnie nationale.