RDC : la présidence de la République, le gouvernement, Vital Kamerhe, Joseph Kabila, Corneille Nangaa et plusieurs figures politiques invités en Afrique du Sud pour un dialogue intercongolais
La Fondation Thabo Mbeki, du nom de l’ancien président sud-africain, organise du 3 au 6 septembre prochain, à Johannesburg, une conférence sur la paix et la sécurité en Afrique, avec un accent particulier sur la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon Jeune Afrique, l’initiative prévoit de réunir l’ensemble des parties prenantes congolaises autour d’un dialogue informel présenté comme une « réunion de famille » pour discuter des causes profondes du conflit.
Le gouvernement congolais, la présidence de la République, l’opposition politique, les religieux, la société civile ainsi que des groupes armés figurent sur la liste des invités. Côté opposition, Joseph Kabila, Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Seth Kikuni et Antipas Mbusa Nyamwisi sont conviés. Le camp présidentiel devrait être représenté par Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, et Désiré-Cashmir Eberande Kolongele, conseiller spécial de Félix Tshisekedi.
Les religieux, qui plaident depuis des mois pour un dialogue national, sont également attendus, notamment monseigneur Donatien Nshole (CENCO) et Éric Nsenga (ECC). Plusieurs figures de la société civile, comme le lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba ou le militant de la LUCHA Bienvenu Matumo, ont aussi reçu une invitation.
La fondation n’a pas non plus exclu les oppositions armées, en conviant Corneille Nangaa, leader de l’Alliance Fleuve Congo, allié du M23, ainsi que l’ex-chef de guerre Thomas Lubanga, actif en Ituri.
D’après Jeune Afrique, l’idée de cette rencontre est née lors d’un échange en mai dernier en Afrique du Sud, à l’initiative de jeunes militants congolais et avec le soutien de l’ONG In Transformation Initiative (ITI). L’objectif est d’ouvrir un espace de discussion en dehors des pressions politiques internes et des médiations étrangères, accusées de ne pas favoriser un vrai dialogue entre Congolais.
Le pouvoir en place demeure méfiant vis-à-vis de Thabo Mbeki, dont les prises de position sont jugées favorables à Joseph Kabila et critiques envers Félix Tshisekedi. L’ancien président sud-africain estime notamment que les racines du conflit se trouvent au Congo même, et non uniquement dans les ingérences extérieures.
Reste à savoir si les personnalités invitées à ces assises feront le déplacement en Afrique du Sud pour la tenue de cette conférence qui fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive.