RDC : au moins 124 civils tués par les groupes armés en octobre dans l’Est
Au moins 124 civils ont été tués en octobre 2025 dans l’est de la République démocratique du Congo, selon le rapport mensuel du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Les violences ont touché principalement les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Sud-Kivu, où plusieurs groupes armés demeurent actifs malgré les efforts diplomatiques en cours.
Les Forces démocratiques alliées (ADF) ont été les plus meurtrières au cours du mois, avec au moins 75 civils tués dans les territoires de Mambasa, Irumu et surtout Lubero, qui concentre 70 victimes. Le groupe, affilié à l’organisation État islamique, a intensifié ses attaques contre les civils mais aussi contre les forces armées congolaises (FARDC), les Wazalendo et l’armée ougandaise (UPDF).
Le M23/AFC arrive en deuxième position, avec 31 civils tués et 89 affrontements armés documentés. Malgré les discussions menées dans les processus de Washington et de Doha, les combats se sont intensifiés dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Walikale, ainsi qu’au Sud-Kivu. Le mouvement rebelle a poursuivi son expansion, prenant plusieurs localités, notamment à Walungu, Mwenga et Masisi.
La Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) a, pour sa part, causé 18 morts civiles et procédé à plusieurs enlèvements dans les territoires de Djugu et Mahagi, en Ituri. Le groupe a également attaqué les FARDC, notamment au village de Liko, où neuf agriculteurs ont été tués.
Au total, le KST a documenté 145 affrontements armés en octobre, dont une large majorité liée à la crise du M23. Lubero est le territoire le plus touché en termes de pertes civiles, tandis que Rutshuru demeure l’épicentre des combats.
Au Sud-Kivu, 29 des 51 affrontements recensés se sont concentrés sur les territoires d’Uvira et de Fizi, où les FARDC et les Wazalendo tentent de contenir une possible avancée du M23 et de ses alliés. Le mois a également été marqué par des violences intercommunautaires entre groupes Wazalendo rivaux, qui ont causé au moins 16 morts dans le territoire de Fizi.