À Kampala, Kinshasa accuse Kigali de mener une guerre « prédatrice » en RDC
La République démocratique du Congo a dénoncé, lors de la 19ᵉ réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés (NAM) tenue du 15 au 16 octobre à Kampala, un « génocide silencieux » perpétré depuis plus de trois décennies par le Rwanda dans l’Est de son territoire.
S’exprimant devant les ministres des pays membres, la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato, a accusé Kigali de mener une agression multiforme à travers des groupes armés soutenus militairement, en violation flagrante des principes fondateurs du NAM et du droit international.
« Ce n’est pas seulement un conflit, c’est un génocide silencieux qui frappe le peuple congolais depuis plus de trente ans. C’est une atteinte continue à la dignité humaine », a-t-elle déclaré.
La représentante congolaise a dénoncé une « entreprise prédatrice » visant, selon elle, à piller les ressources naturelles, détruire les communautés et anéantir l’espérance du peuple congolais. Elle a exhorté les pays membres à appuyer l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui exige le retrait immédiat et inconditionnel des troupes rwandaises et la fin du soutien au groupe armé M23.
Mme Ayeganagato a également rappelé la signature de l’Accord de Washington du 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda, sous la facilitation américaine, avec le soutien de l’Union africaine et du Qatar, portant sur le respect de l’intégrité territoriale, le désengagement des groupes armés et la mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité.
Fidèle à l’esprit de Bandung, la RDC a réaffirmé son attachement à la souveraineté, à la non-ingérence et à la coexistence pacifique entre nations. Elle a salué les efforts africains de médiation dans la région des Grands Lacs, notamment à travers le processus harmonisé Luanda-Nairobi et la médiation du Qatar pour une paix durable.