RDC : Dr Hervé Mutinzumu alerte sur les conséquences néfastes de « Mpuku amemi congélateur » sur la jeunesse
En République démocratique du Congo, principalement à Kinshasa, une nouvelle pratique de consommation abusive de médicaments est en vogue chez certains jeunes. Derrière ce phénomène, appelé « Mpuku amemi congélateur », le médecin Hervé Mutinzumu Nansua craint des conséquences néfastes sur cette catégorie de la population.
Selon ce médecin, cette préparation serait constituée d’un mélange de diazépam, tramadol, cyproheptadine, prométhazine et d’un autre produit dont la composition exacte doit encore être établie par des analyses pharmaceutiques et toxicologiques.
Pour Dr Hervé Mutinzumu, le danger réside notamment dans l’association de plusieurs médicaments ayant des effets sur le système nerveux central. Utilisés sans indication médicale, à des doses inappropriées ou combinés entre eux, ces produits peuvent provoquer une importante somnolence, une diminution de la vigilance, des troubles de la mémoire et de la coordination, ainsi qu’une dépendance.
Le tramadol est particulièrement pointé du doigt en raison de son potentiel addictif. Une consommation excessive peut entraîner des troubles de la conscience et, dans les cas sévères, une dépression respiratoire. Le médecin relève également un risque de convulsions en cas de surdosage ou d’association avec certains autres médicaments.
Chez les jeunes, les conséquences pourraient s’inscrire dans la durée. Le médecin évoque notamment une baisse de la concentration et des capacités d’apprentissage, des troubles de la mémoire et du comportement, une altération du jugement, des accidents ainsi que des difficultés liées à la dépendance et au sevrage.
Dr Hervé Mutinzumu estime que cette situation doit être considérée comme un signal d’alerte de santé publique. Il demande notamment aux autorités de mener une investigation sanitaire et épidémiologique afin de déterminer l’ampleur du phénomène, les populations exposées et les éventuelles complications déjà enregistrées.
Il plaide également pour une analyse toxicologique et pharmaceutique de la préparation vendue sous l’appellation « Mpuku amemi congélateur », ainsi que pour un renforcement du contrôle du détournement des médicaments à des fins récréatives.
La sensibilisation des jeunes dans les écoles, universités et communautés figure aussi parmi les mesures proposées. Le médecin recommande par ailleurs d’informer les parents et éducateurs sur les signes d’intoxication ou de dépendance et de renforcer les capacités des structures sanitaires à prendre en charge les intoxications médicamenteuses et les troubles liés à l’usage de substances.