Kinshasa : des journalistes formés à une couverture inclusive de la santé sexuelle et reproductive des femmes et jeunes sourds
Le Centre de production des codes femmes et supports de sensibilisation (CPPS-RDC) a organisé, les 27 et 28 août 2026 à Kinshasa, un atelier de formation à l’intention des journalistes et professionnels des médias sur l’inclusion des femmes et des jeunes sourds dans la couverture médiatique de la santé sexuelle et reproductive (SSR).
Pendant deux jours, des professionnels des médias ont été invités à repenser leurs pratiques journalistiques afin de favoriser une information plus accessible, inclusive et respectueuse des droits des personnes sourdes. L’atelier s’est tenu dans la salle Kahuzi Biega, à Kinshasa Nouveau, dans la commune de Lingwala.
Organisée par le Centre de production des codes femmes et supports de sensibilisation (CPPS-RDC), cette formation s’inscrit dans le cadre du projet « Biso pe tozali », financé par AmplifyChange. Ce projet vise notamment à améliorer l’accès des femmes et des adolescent·e·s sourd·e·s aux informations et aux droits en matière de santé sexuelle et reproductive à Kinshasa.
Placée sous le thème « L’inclusion des femmes et des jeunes sourds dans la couverture médiatique de la santé sexuelle et reproductive », cette session de formation avait pour objectif de renforcer les capacités des journalistes dans la production d’une information exacte, accessible et adaptée aux réalités des personnes sourdes.
Faire évoluer les pratiques médiatiques
Au cours des différentes sessions, les participants ont abordé plusieurs thématiques, notamment la culture sourde, les obstacles rencontrés par les personnes sourdes dans l’accès à l’information et aux services de santé sexuelle et reproductive, ainsi que les principes fondamentaux du journalisme inclusif.
Les techniques de reportage et d’interview, de même que la conception de contenus accessibles sur les plateformes traditionnelles et numériques, ont également fait partie des matières développées durant l’atelier. Les travaux ont été accompagnés d’une interprétation en langue des signes, permettant une participation inclusive aux différentes activités.
À travers des présentations, des études de cas, des travaux de groupe et des exercices pratiques, les journalistes ont été invités à réfléchir à des solutions concrètes pouvant être appliquées dans leurs rédactions, émissions, reportages et plateformes numériques.
Les organisateurs ont particulièrement insisté sur la responsabilité des médias dans la lutte contre les préjugés et les stéréotypes qui entourent encore les personnes sourdes.
« Donner directement la parole aux personnes concernées »
Intervenant au cours de la formation, la formatrice Naomie Maneng a insisté sur l’importance d’adopter les principes du journalisme inclusif et de produire des contenus adaptés aux besoins des personnes sourdes.
Elle a notamment appelé les professionnels des médias à accorder une place centrale aux personnes directement concernées dans la construction des récits médiatiques.
« La surdité ne doit pas non plus être assimilée à une incapacité », a-t-elle martelé, attirant l’attention des journalistes sur l’importance du vocabulaire utilisé dans le traitement de cette question.
Les participants ont ainsi été invités à éviter de présenter la surdité comme une maladie et à bannir certaines expressions jugées stigmatisantes, notamment celle consistant à dire qu’une personne « souffre de surdité ».
Au-delà de l’accès à l’information, les échanges ont mis en évidence la nécessité pour les médias de mieux représenter les femmes et les jeunes sourds, de leur donner directement la parole et d’éviter de construire des récits sur eux sans leur participation.
Vers une information plus accessible
À l’issue de ces deux journées de formation, les participants ont été encouragés à mettre en pratique les connaissances acquises afin de contribuer à une couverture médiatique davantage accessible et respectueuse de la dignité et des droits des femmes et des jeunes sourds.
À travers cette initiative, le CPPS-RDC entend ainsi renforcer le rôle des médias dans la promotion d’une société où l’accès à l’information sur la santé sexuelle et reproductive ne constitue pas un privilège réservé à certains, mais un droit accessible à tous, y compris aux personnes sourdes.
Les organisateurs ont, enfin, remercié les journalistes, les professionnels des médias ainsi que les partenaires ayant contribué à la tenue de cette activité.