Football : Kinshasa et Brazzaville poursuivent les discussions pour une organisation conjointe de la CAN
La République démocratique du Congo et la République du Congo continuent d’examiner la possibilité d’organiser conjointement une prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). L’hypothèse concerne désormais les éditions 2029 ou 2030, alors que les deux pays travaillent notamment sur la question des infrastructures sportives nécessaires à l’accueil d’un tel rendez-vous continental.
Invité de l’émission « Redevabilité » sur la RTNC, le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a confirmé la poursuite des échanges entre Kinshasa et Brazzaville. Il a notamment évoqué des discussions avec son homologue de la République du Congo, ainsi que les autorisations obtenues auprès des présidents des deux pays pour poursuivre cette réflexion.
« L’objectif était d’organiser la CAN, non pas en 2027, mais je pense en 2029 ou 2030, ici. L’idée est de l’organiser avec la République du Congo, à Brazzaville. J’ai échangé avec mon homologue de là-bas, Yves, qui a obtenu l’autorisation du président Sassou pour que nous puissions poursuivre les discussions. De mon côté, j’ai également obtenu l’autorisation de notre président. »
Pour le ministre, la principale question reste celle de la capacité des deux pays à disposer d’infrastructures répondant aux exigences d’une compétition de cette ampleur. Il évoque ainsi la réhabilitation des installations existantes, mais également la construction de nouvelles infrastructures.
« Nous sommes donc en train d’examiner dans quelle mesure réhabiliter les infrastructures existantes et en construire de nouvelles afin de pouvoir organiser cette CAN. »
Un projet confronté aux contraintes financières
Didier Budimbu reconnaît toutefois que la concrétisation d’un tel projet dépendra largement des moyens financiers disponibles. Il établit notamment un lien entre les contraintes budgétaires liées à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et les difficultés à financer certains projets publics.
« C’est un processus. N’oublions pas que lorsqu’on parle de construction et de réhabilitation, on parle d’argent. À l’est du pays, il y a des gens, je ne sais même pas comment les qualifier, qui font n’importe quoi et qui nous imposent une guerre. Cette guerre pèse sur les finances publiques et sur nos ressources, ce qui nous empêche de réaliser tout ce que nous avions prévu depuis le début. »
Malgré ces contraintes, le ministre assure que le projet n’est pas abandonné. Il affirme que certains travaux se poursuivent et que les autorités cherchent des mécanismes permettant de renforcer les investissements dans les infrastructures sportives.
Il cite notamment le Fonds de promotion du sport, présenté comme un outil destiné à contribuer au financement de nouvelles infrastructures.
« Mais cela n’empêche pas que des travaux soient réalisés et que nous continuions à réfléchir. Lorsque je parle du Fonds de promotion du sport, ce fonds va nous permettre de mettre en place des infrastructures. Je vais même plus loin. »
Les entreprises publiques sollicitées
Autre piste évoquée : une implication plus importante des entreprises du portefeuille de l’État dans le financement du sport. Des discussions seraient engagées à ce sujet avec la ministre du Portefeuille.
« Des discussions sont en cours avec ma collègue du Portefeuille. Nous examinons comment les entreprises du portefeuille de l’État peuvent également subventionner ou soutenir notre sport, notamment dans la construction d’infrastructures. Nous y travaillons réellement, parce que l’objectif est de pouvoir organiser ce grand rendez-vous. »
Pour Didier Budimbu, l’objectif reste donc de réunir les conditions nécessaires à l’organisation de ce « grand rendez-vous ». Si la candidature commune RDC–Congo-Brazzaville venait à se concrétiser, elle constituerait un projet majeur de coopération sportive entre les deux rives du fleuve Congo.
Pour l’heure, aucune attribution officielle de la CAN 2029 ou 2030 à la RDC et au Congo-Brazzaville n’est annoncée. Les discussions portent encore sur la faisabilité du projet, notamment sur les infrastructures, le financement et les conditions nécessaires à une éventuelle candidature commune.
L’idée n’en demeure pas moins intéressante au regard de l’histoire et des liens qui unissent les deux Congo. Une organisation conjointe permettrait également aux deux pays de franchir un cap sur le plan sportif et infrastructurel, alors qu’ils n’ont encore jamais accueilli seuls une phase finale de la CAN. Une éventuelle candidature devra toutefois être suivie d’un dossier solide et répondre aux exigences de la Confédération africaine de football (CAF).