RDC : l'IGF accélère sa transformation numérique pour un contrôle financier plus efficace

L'Inspection générale des finances (IGF) s'engage dans une transformation majeure de son dispositif de contrôle. À travers son Plan stratégique triennal 2026-2028, présenté mercredi 5 août lors d'un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, l'Inspecteur général des finances, chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, a dévoilé une nouvelle vision fondée sur la digitalisation et le contrôle systémique afin de renforcer la gouvernance financière en République démocratique du Congo.

Hugues Mpaka

6 Août 2026 - 10:43
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RDC : l'IGF accélère sa transformation numérique pour un contrôle financier plus efficace
Christophe Bitasimwa Bahii, Inspecteur général des finances, chef de service de l'IGF & Patrick Muyaya, ministre de la Communication

Selon le chef de service de l'IGF, les méthodes traditionnelles de contrôle, qui ont permis durant plusieurs années de détecter et de corriger les irrégularités dans la gestion des finances publiques, montrent aujourd'hui leurs limites face à la complexité croissante des systèmes administratifs et à l'explosion des données numériques. Il estime que la vitesse à laquelle évoluent les mécanismes de fraude dépasse désormais la capacité des contrôles classiques, essentiellement manuels et ponctuels.

« Les approches classiques atteignent aujourd'hui leurs limites. Il existe donc un décalage croissant entre la vitesse de la fraude et celle du contrôle », a souligné le numéro un de l'IGF.

À travers cette réforme, l'IGF ambitionne de devenir une institution d'intelligence financière capable d'exploiter les données issues de plusieurs administrations publiques, notamment la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA), la DGRAD, les entreprises publiques ainsi que les banques. L'objectif est de transformer ces informations en connaissances stratégiques afin d'améliorer la prise de décision et d'assurer une surveillance permanente des flux financiers de l'État.

Pour Christophe Bitasimwa Bahii, l'IGF ne doit plus se limiter à constater les irrégularités, mais également en identifier les causes profondes afin d'empêcher leur réapparition. Cette nouvelle approche privilégie ainsi le contrôle systémique, qui s'intéresse davantage aux mécanismes de gestion qu'aux seules opérations isolées.

L'un des principaux piliers de cette transformation repose sur l'intégration de technologies avancées, notamment l'intelligence artificielle et les outils de Business Intelligence. Toutefois, le chef de service a tenu à préciser que ces technologies n'ont pas vocation à remplacer les inspecteurs des finances.

La machine sera chargée de traiter d'importants volumes de données, de détecter les anomalies et de générer des alertes, tandis que les inspecteurs conserveront la responsabilité d'interpréter les résultats, de qualifier juridiquement les faits et de prendre les décisions finales. 

« L'outil propose, l'humain dispose ».

Grâce à cette complémentarité entre l'intelligence humaine et les technologies numériques, l'IGF entend élargir la couverture de ses contrôles, accélérer le traitement des dossiers et orienter davantage ses investigations vers les secteurs présentant les risques les plus élevés pour les finances publiques.

Hugues Mpaka Journaliste, rédacteur et reporter au sein de la rédaction de la UNE.CD ; Community Manager, passionné des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) ; licencié en Sciences de l'Information, département de multimédia de l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication (IFASIC), actuelle Université des Sciences de l’Information et de la Communication