Journée de mémoire de Goma à Uvira : le gouvernement salue le courage de « ceux et celles qui refusent la soumission »

Le gouvernement congolais, par le biais du ministre de la Communication et Médias, a organisé, le 27 janvier 2026, une journée de mémoire en hommage aux victimes de la barbarie rwandaise perpétrée sous couvert du M23 dans l’Est du pays. Cette cérémonie s’est tenue à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa.

Hugues Mpaka

28 Janvier 2026 - 08:31
28 Janvier 2026 - 08:46
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Journée de mémoire de Goma à Uvira : le gouvernement salue le courage de « ceux et celles qui refusent la soumission »
  • Le gouvernement réaffirme son soutien aux FARDC et à la population

    Le gouvernement réaffirme son soutien aux FARDC et à la population
    Judith Suminwa Tuluka, première ministre

    Dans son allocution, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a salué le courage et la bravoure des populations victimes ainsi que des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), engagées jour et nuit contre la guerre d’agression rwandaise sur le territoire national.

    « La guerre que traverse notre pays n’est pas accidentelle. Elle procède d’une stratégie pensée et planifiée menée par le Rwanda et ses supplétifs dans le dessein d’occuper une partie de notre territoire et de poursuivre une entreprise de prédation », a-t-elle déclaré.

    La cheffe du gouvernement a également profité de l’occasion pour saluer l’engagement du Président de la République ainsi que de l’ensemble de l’équipe gouvernementale à tout mettre en œuvre afin de mettre un terme aux conflits armés dans l’Est de la RDC qui, en trente (30) ans, ont causé la mort de plusieurs millions de Congolais.

  • Une journée de mémoire pour refuser l’oubli

    Une journée de mémoire pour refuser l’oubli
    Patrick Muyaya, ministre de la communication et médias

    Pour sa part, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a expliqué la portée symbolique et politique de cette initiative, placée sous le thème : « De Bunagana à Uvira : résistance, résilience, unité ».

    « Le choix que nous avons fait de tenir cette journée de mémoire à l’Académie des Beaux-Arts n’est pas le fait du hasard. Cette journée n’est ni un rituel de circonstance ni un exercice symbolique détaché de l’action. Elle procède d’un choix clair fait par la Première ministre avec le Président de la République : refuser la banalisation de la guerre et refuser que la souffrance de nos populations soit reléguée au silence ou à l’indifférence », a-t-il souligné.

    Le porte-parole du gouvernement a également exposé à l’assistance les véritables motivations du « père, le Rwanda », qui se cacherait derrière le « fils, le M23 », pour agresser la RDC sous prétexte de protéger certaines minorités ethniques, notamment les Banyamulenge.

  • Une guerre aux lourdes conséquences humaines et économiques

    Une guerre aux lourdes conséquences humaines et économiques
    Julien Paluku, ministre du commerce extérieur

    Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, est quant à lui revenu sur les impacts multidimensionnels de l’agression dans l’Est du pays.
    Selon l’ancien gouverneur du Nord-Kivu, les guerres récurrentes visent non seulement les populations civiles, mais également l’économie nationale et l’environnement.

    « Les massacres des civils ont pour objectif de détruire le capital humain congolais, avec des milliers de déplacés, mais aussi le tissu économique à travers les pillages systématiques des minerais et des produits agricoles », a-t-il déclaré.

    Julien Paluku a par ailleurs dénoncé un « pillage organisé des ressources naturelles congolaises », affirmant que le volume des exportations minières du Rwanda serait passé de 70 millions à 2 milliards de dollars américains durant la période d’occupation, alors que ce pays ne dispose pas de gisements miniers significatifs.

  • PME asphyxiées et économie sous monopole

    PME asphyxiées et économie sous monopole
    Eric Tshikuma, député national

    De son côté, le député national Éric Tshikuma a attiré l’attention sur la situation économique dans les zones sous occupation. Le suppléant de Patrick Muyaya à l’Assemblée nationale a notamment évoqué l’asphyxie des petites et moyennes entreprises (PME).

    « Le système de monopole instauré par les occupants a étouffé les PME qui fonctionnaient auparavant. Aujourd’hui, les circuits économiques sont contrôlés par des proches des leaders du mouvement », a-t-il dénoncé.

    Plusieurs autres personnalités ont pris part à cette activité, dont le vice-premier ministre en charge de l’économie nationale, les ministres de la Justice et de la Culture, ainsi que des ambassadeurs. 

    Cette activité, riche en émotions, s’est clôturée par la visite de l’exposition photo « Mémoire et Résilience », suivie d’un moment de recueillement collectif et de méditation dans le jardin de l’Académie des Beaux-Arts.

Hugues Mpaka Journaliste, rédacteur et reporter au sein de la rédaction de la UNE.CD ; Community Manager, passionné des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) ; licencié en Sciences de l'Information, département de multimédia de l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication (IFASIC), actuelle Université des Sciences de l’Information et de la Communication