Loi sur le référendum : Salomon Kalonda appelle le Sénat à ne pas « ouvrir la boîte de Pandore »

Le sénateur Salomon Kalonda Della Idi s’oppose à la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo (RDC). Dans une lettre ouverte adressée au président Félix Tshisekedi, il met en garde contre les risques d’une éventuelle modification de la Constitution du 18 février 2006 et appelle le chef de l’État à retirer ce texte, actuellement en examen au Sénat.

Redaction

25 Oct 2026 - 15:37
25 Oct 2026 - 15:38
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Loi sur le référendum : Salomon Kalonda appelle le Sénat à ne pas « ouvrir la boîte de Pandore »
Salon Kalonda SK Della, sénateur élu de l’Ensemble pour la République

Dans cette correspondance rédigée en marge des débats en cours à la chambre haute du Parlement, l’élu estime que l’initiative intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays et une crise humanitaire. Pour lui, engager un processus référendaire dans ces circonstances serait inopportun et susceptible d’aggraver les divisions nationales.

Salomon Kalonda rappelle que la Constitution de 2006 est issue du processus de paix de Sun City, au terme des conflits qui ont marqué le pays. Il considère ce texte comme le fondement du pacte républicain et un instrument essentiel à la préservation de l’alternance démocratique. Toute tentative de le remettre en cause, prévient-il, risquerait de fragiliser davantage les institutions.

Le sénateur dénonce également ce qu’il présente comme une volonté de conservation du pouvoir. Il établit un parallèle entre la démarche actuelle et les combats menés par les treize parlementaires opposés à la dictature, parmi lesquels Étienne Tshisekedi wa Mulumba, père biologique du président de la République. Il estime que l’ouverture d’un débat sur la modification constitutionnelle contredit l’héritage démocratique revendiqué par le pouvoir en place.

Dans sa lettre, Salomon Kalonda évoque aussi les manifestations organisées contre le projet, notamment la journée ville morte du 3 juin et les contestations du 12 juin, qu’il associe à une répression ayant fait des morts et des blessés. Il met en garde contre les conséquences d’un passage en force constitutionnel, estimant qu’une telle démarche pourrait alimenter les tensions internes et fournir un argument supplémentaire aux forces susceptibles de menacer l’intégrité territoriale de la RDC.

Alors que les partisans d’une révision constitutionnelle invoquent les expériences d’autres pays de la sous-région, le sénateur rejette cette comparaison. Il soutient que les réalités historiques, géographiques et sociologiques de la RDC rendent particulièrement risquée toute concentration excessive du pouvoir. Il redoute notamment que cette initiative ouvre la voie à un troisième mandat présidentiel, même si cet objectif est présenté dans sa lettre comme une finalité politique de la démarche.

S’adressant directement au chef de l’État, Salomon Kalonda appelle également le Sénat à assumer pleinement son rôle dans l’examen du texte. Il insiste sur le fait que la chambre haute ne doit pas se limiter à entériner les décisions prises ailleurs, mais exercer sa responsabilité dans la préservation de l’équilibre institutionnel et de l’unité nationale.

Le sénateur demande ainsi à Félix Tshisekedi de retirer la proposition de loi référendaire afin d’éviter, selon lui, une crise constitutionnelle aux conséquences potentiellement graves. Il conclut en appelant le président de la République à privilégier l’intérêt national et l’héritage démocratique du pays plutôt que les intérêts politiques, estimant qu’il est encore temps de préserver la stabilité de la RDC.

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