RDC : la jeunesse congolaise dit « Oui, je le veux » au changement de la Constitution [Grâce Kutino]
En République démocratique du Congo, la jeunesse dit « Oui » au projet de changement de la Constitution porté par la majorité au pouvoir. Cette position a été exprimée par la ministre de la Jeunesse et de l'Éveil patriotique, Grâce Kutino, à l'issue de la campagne « Oui, je le veux ».
Dans son allocution, la ministre a indiqué avoir consulté les jeunes des 26 provinces du pays, à travers le Conseil national de la jeunesse, les conseils provinciaux, les différentes plateformes de jeunes, ainsi que ceux de la diaspora. Ces consultations ont également associé les organisations de la société civile, les confessions religieuses, les acteurs politiques, les étudiants, les entrepreneurs, les artistes, les sportifs et les humoristes.
« De cette vaste consultation est né le cahier des charges de la jeunesse congolaise. C'est ce cahier des charges que je remettrai en votre nom au Président de la République », a déclaré Grâce Kutino.
La ministre a rappelé que les jeunes représentent 66,8 % de la population congolaise, mais n'occupent qu'environ 10 % des postes de responsabilité au sein des institutions publiques, une situation qu'elle juge incompatible avec leur poids démographique et économique.
Selon elle, plus de 70 % des jeunes actifs évoluent dans le secteur privé et informel, contribuant à plus de 40 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que la diaspora congolaise injecte chaque année près de deux milliards de dollars dans l'économie nationale. « Nous ne sommes pas seulement l'avenir, nous sommes déjà le présent », a-t-elle soutenu.
Dans son intervention, Grâce Kutino a estimé que l'article 40 de la Constitution, qui consacre le devoir de l'État de protéger la jeunesse, constitue une avancée, mais demeure insuffisant.
« La jeunesse congolaise ne demande plus seulement à être protégée. Elle demande à être associée, responsabilisée et pleinement intégrée dans la conduite des affaires publiques », a-t-elle affirmé, plaidant pour une réforme constitutionnelle qui reconnaisse davantage les jeunes comme des acteurs de gouvernance et de décision.
La ministre a également établi un parallèle avec l'article 14 de la Constitution, relatif à la promotion des droits de la femme, qui a conduit à l'adoption de la loi sur la parité. Elle estime qu'une démarche similaire permettrait d'accroître la représentation des jeunes dans les institutions publiques, les assemblées délibérantes, l'administration ainsi que dans les entreprises publiques et privées.
Dans le cadre de cette campagne, Grâce Kutino a lancé un appel à une marche citoyenne prévue le 12 août 2026 à Kinshasa, à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse. Présentée comme une manifestation pacifique, patriotique et disciplinée, cette mobilisation vise à porter les revendications de la jeunesse en faveur d'une Constitution qu'elle souhaite « plus inclusive, plus représentative et plus attentive aux réalités de son temps ».
« Nous croyons qu'une Constitution plus inclusive, qui reconnaît davantage la place de la jeunesse dans la vie publique, permettra à notre pays de mieux préparer l'avenir ».