Marche de la C64 : entre encadrement à Kinshasa et dispersion en provinces, deux visages du dispositif policier

La marche de la Coalition Article 64 (C64), organisée mardi 15 septembre 2026, contre tout projet de changement de la Constitution, n’a pas été gérée de la même manière dans les différentes villes où la mobilisation était annoncée. À Kinshasa, les forces de l’ordre ont principalement assuré l’encadrement du cortège, avec un dispositif visible le long de l’itinéraire. Dans plusieurs villes de province, en revanche, les rassemblements ont été empêchés ou dispersés, avec des recours aux gaz lacrymogènes et plusieurs interpellations signalées.

Hugues Mpaka

16 Septembre 2026 - 10:31
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Marche de la C64 : entre encadrement à Kinshasa et dispersion en provinces, deux visages du dispositif policier
Manifestation de la Coalition Article 64 contre le changement de la Constitution, à Kinshasa

Tout semble visible qu’à Kinshasa, le dispositif sécuritaire avait été préparé en amont. Après des échanges entre les organisateurs et les autorités de l’hôtel de ville, un compromis avait été trouvé sur l’itinéraire de la manifestation. La C64 avait notamment accepté de ne pas conduire son cortège jusqu’au Palais du Peuple, le point de chute étant finalement fixé près du siège de l’ECiDé. Les autorités provinciales avaient alors annoncées que les services de sécurité assureraient l’encadrement de la mobilisation.

Sur le terrain, les manifestants se sont notamment regroupés à l’Échangeur de Limeté et à Bandal-Moulaert, avant d’entamer leur procession. Des éléments de la police ont été déployés le long du parcours. À certains endroits, notamment au début du cortège, les policiers chargés de l’encadrement ne portaient pas d’armes visibles.

Cette posture d’encadrement n’a toutefois pas empêché les incidents. À la 10e rue Limete, bastion de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, des affrontements ont opposé des militants de l’opposition à des membres de la Force du Progrès. La police est alors intervenue en faisant usage de gaz lacrymogènes pour disperser les deux camps.

Le scénario a été différent dans plusieurs villes de province, où les autorités avaient, en amont, interdit la tenue de la manifestation. Ces interdictions ont notamment été justifiées par des considérations liées à la sécurité et, dans certaines villes, à la situation sanitaire. Malgré ces décisions, la C64 avait maintenu son appel à la mobilisation.

À Kananga, dans le Kasaï-Central, la marche n’a pas pu démarrer. Un important dispositif policier avait été déployé au rond-point Notre-Dame, retenu comme point de départ de la manifestation. Des militants qui tentaient de rejoindre le lieu de rassemblement ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Un cadre du parti Envol ainsi que plusieurs militants ont été interpellés.

À Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, les forces de l’ordre ont également empêché la tenue de la manifestation. Plusieurs militants de l’opposition ont été interpellés, selon la police. Khiller Mubambe, membre d’Ensemble pour la République, avait notamment été interpellé au Square Forest avant d’être libéré.

Le même scénario a été observé dans le Kwilu. À Bandundu-ville comme à Kikwit, plusieurs opposants ont été interpellés dès les premières heures de la journée, alors que les militants tentaient de se mobiliser pour participer à la marche.

Dans d’autres villes, les autorités locales avaient également pris des mesures pour empêcher la manifestation. Ces décisions ont été motivées, selon les cas, par des préoccupations sécuritaires ou sanitaires. Le déploiement des forces de l’ordre visait alors à empêcher les regroupements plutôt qu’à encadrer un cortège déjà constitué.

Cette différence de gestion fait apparaître deux configurations principales. À Kinshasa, où un compromis avait été trouvé entre les organisateurs et les autorités sur l’itinéraire, la police a accompagné le déplacement du cortège avant d’intervenir lors des affrontements. Dans plusieurs provinces, où les manifestations avaient été interdites, le dispositif sécuritaire a davantage consisté à empêcher les rassemblements dès les points de départ, avec des dispersions et des interpellations.

Hugues Mpaka Journaliste, rédacteur et reporter au sein de la rédaction de la UNE.CD ; Community Manager, passionné des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) ; licencié en Sciences de l'Information, département de multimédia de l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication (IFASIC), actuelle Université des Sciences de l’Information et de la Communication