Rapprochement Tshisekedi-Netanyahou : Maud-Salomé Ekila dénonce une « diplomatie incohérente » de la RDC
La visite du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en Israël déplaît à plusieurs Congolais. La journaliste Maud-Salomé Ekila estime que ce déplacement traduit une incohérence dans la diplomatie congolaise, au regard de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Dans une vidéo, la militante panafricaniste reproche à Kinshasa de chercher la reconnaissance internationale du génocide contre les Congolais, tout en entretenant des relations avec le « régime génocidaire d’occupation » d’Israël.
« Attendre du monde qu’il reconnaisse que nous sommes en train de vivre un génocide, et puis ensuite aller taper d’immenses sourires […] en Palestine occupée, avec le génocidaire en chef Netanyahou », dénonce-t-elle.
Pour Maud-Salomé Ekila, la situation dans l’Est de la RDC devrait imposer une plus grande cohérence dans les choix diplomatiques de Kinshasa. La professionnelle des médias évoque notamment l’existence d’une administration parallèle et d’un système universitaire parallèle dans les territoires occupés, comparant cette situation à celle de la Palestine.
« Nos terres sont aussi occupées. Elles sont annexées de fait. Il y a une administration parallèle, il y a même un corps universitaire parallèle. Et notre peuple est en train de vivre l’indicible. Mais ça, ça ne gêne pas notre diplomatie », affirme-t-elle.
La militante panafricaniste estime ainsi que la coopération avec Israël affaiblit la position congolaise lorsqu’elle cherche, sur la scène internationale, à faire condamner les violations du droit international et à obtenir des sanctions contre le Rwanda.
Maud-Salomé Ekila s’en prend également au rapprochement entre Félix Tshisekedi et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu’elle accuse d’entretenir une politique d’occupation en Palestine. Elle établit, dans son analyse, un parallèle entre l’évolution territoriale de la Palestine et les craintes d’une modification durable des frontières dans l’Est congolais.
« Espérons qu’un jour, les gens ne reconnaîtront pas un État du Kivu ou un Rwanda rallongé », lance-t-elle.
Maud-Salomé Ekila s’est par ailleurs insurgée contre ceux qui établissent un lien entre la foi chrétienne et la politique menée par l’État d’Israël. Elle estime que l’appartenance au christianisme ne devrait pas conduire à soutenir automatiquement les autorités israéliennes et affirme que les chrétiens eux-mêmes ont été victimes des opérations militaires israéliennes au Moyen-Orient.
La journaliste cite notamment la destruction d’églises au Liban pour illustrer son argument et accuse les autorités israéliennes de considérer leur population comme supérieure aux autres. Maud-Salomé Ekila considère que la politique actuelle de Kinshasa à l’égard d’Israël ne relève ni d’une véritable stratégie ni d’une diplomatie cohérente.
« Ce que fait le gouvernement congolais aujourd’hui, ce n’est pas de la diplomatie, c’est encore moins de la stratégie, c’est se tirer une balle dans le pied », conclut-elle.
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