Paul Kagame : « Le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement auquel est associé Joseph Kabila »

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président rwandais, Paul Kagame, a catégoriquement rejeté l’idée selon laquelle le mouvement rebelle M23 serait d’origine rwandaise.

Hugues Mpaka

3 Avril 2026 - 14:40
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Paul Kagame : « Le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement auquel est associé Joseph Kabila »
Paul Kagame, président du Rwanda

Le chef de l’État rwandais présente plutôt ce mouvement comme une entité congolaise, désormais désignée sous l’appellation AFC/M23, à laquelle serait associé l’ancien président congolais Joseph Kabila.

« Le problème posé par ce mouvement est un problème politique congolais, qui doit trouver une solution politique congolaise », affirme-t-il, appelant à une prise en charge nationale du conflit.

Paul Kagame dit également ne voir aucun obstacle à la libre circulation de l’ancien chef de l’État congolais, y compris à travers le Rwanda. Il souligne que ce dernier fait face à des poursuites judiciaires en République démocratique du Congo, notamment une condamnation à mort et des mesures de saisie de biens.

« Il veut affronter cette situation dans son propre pays. Je ne vois pas pourquoi je lui refuserais le passage », déclare-t-il.

Sur le plan sécuritaire, Paul Kagame se montre catégorique : la présence de l’AFC/M23 aurait contribué à renforcer la sécurité le long de la frontière entre le Rwanda et la RDC.

« Que cela plaise ou non, d’un point de vue sécuritaire, c’est une évidence », soutient-il, affirmant que l’ensemble de cette frontière serait désormais sous contrôle.

Le président rwandais pointe également du doigt la collaboration présumée entre le gouvernement congolais et les FDLR. Il déplore ce qu’il considère comme un traitement asymétrique de la situation par la communauté internationale.

« Pourquoi ne parle-t-on que du Rwanda, alors qu’il fait face à un gouvernement qui travaille avec les FDLR et à qui on ne demande rien ? », s’interroge-t-il.

Dans cette logique, Kagame défend le droit de son pays à prendre des mesures de sécurité, y compris au-delà de ses frontières, qu’il qualifie de strictement défensives.

« Si je défends ma frontière et qu’il faut pour cela traiter la menace à 5, 10 ou 20 kilomètres au-delà, cela reste une mesure défensive », insiste-t-il.

Hugues Mpaka Journaliste, rédacteur et reporter au sein de la rédaction de la UNE.CD ; Community Manager, passionné des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) ; licencié en Sciences de l'Information, département de multimédia de l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication (IFASIC), actuelle Université des Sciences de l’Information et de la Communication