Violences en milieu de soins en RDC : des organisations de la société civile appellent à des réformes structurelles durables

Après la diffusion d’images choquantes montrant des violences subies par une femme dans un établissement de santé, la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées (CGND), le mouvement Youth Sprint, le Réseau des Journalistes pour la Santé Sexuelle et Reproductive (RJSSR) et plusieurs organisations partenaires de défense des droits sexuels et reproductifs des femmes en République démocratique du Congo ont appelé à des réformes structurelles pour prévenir durablement ces abus.

Dan de Dieu Kayanda

31 Mars 2026 - 21:01
31 Mars 2026 - 21:05
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Violences en milieu de soins en RDC : des organisations de la société civile appellent à des réformes structurelles durables
Violences en milieu de soins en RDC : des organisations de la société civile appellent à des réformes structurelles durables

Lors d’un point de presse organisé, ce mardi 31 mars, dans la capitale congolaise, ces organisations ont estimé que les violences obstétricales et gynécologiques ne constituent pas des incidents isolés, mais traduisent des dysfonctionnements profonds du système de santé, notamment des rapports de pouvoir inégalitaires et une insuffisante prise en compte de l’approche basée sur les droits humains.

Un écart persistant entre engagements et réalité

Les organisations de la société civile reconnaissent les efforts engagés ces dernières années par le gouvernement congolais pour renforcer la protection des droits des femmes, notamment à travers la mise en œuvre progressive du Protocole de Maputo et des initiatives de lutte contre les violences basées sur le genre.

Cependant, elles soulignent que les faits récents révèlent un décalage important entre les engagements politiques et la réalité vécue par les femmes dans les structures de santé. Cette situation, selon elles, contribue à fragiliser la confiance des patientes et à renforcer le sentiment d’impunité.

Six réformes prioritaires proposées

Pour prévenir la répétition de tels actes et garantir des soins respectueux de la dignité humaine, la CGND, Youth Sprint, RJSSR et leurs partenaires ont formulé six recommandations majeures à l’attention des autorités publiques et des acteurs du secteur de la santé :

1. Intégrer la prévention des violences obstétricales et gynécologiques dans les politiques nationales de santé et les normes de qualité des soins ;

2. Renforcer la formation des personnels de santé sur les droits humains, le consentement éclairé, l’éthique médicale et l’approche centrée sur la patiente ;

3. Mettre en place des mécanismes de plainte sûrs et confidentiels pour permettre aux victimes de signaler les abus sans crainte ;

4. Garantir la prise en charge complète des victimes dans le cadre de la couverture santé universelle, incluant l’accompagnement médical, psychosocial et juridique ;

5. Accélérer les réformes législatives relatives à la protection de la santé de la femme ;

6. Associer la société civile à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques en matière de santé de la femme.

Un appel à une mobilisation durable

Ces organisations insistent sur la nécessité d’aller au-delà des réactions ponctuelles et d’engager des actions durables pour renforcer la protection des droits des femmes dans les structures sanitaires.

Elles rappellent que la dignité des femmes dans les milieux de soins constitue un enjeu majeur pour l’État de droit, la qualité du système de santé et le respect des engagements internationaux de la République démocratique du Congo.

Dan de Dieu Kayanda Chrétien, journaliste professionnel et passionné, blogueur, chargé de communication, community manager, chercheur en data journalism, amoureux des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication.