Dialogue national : Germain Kambinga et le Centre plaident pour un processus inclusif et une véritable refondation de l’État
Le dialogue national annoncé par le président de la République doit, selon le Centre, dépasser les traditionnelles négociations politiques sur le partage du pouvoir pour déboucher sur une véritable refondation de l’État congolais.
Dans son discours prononcé le 5 octobre 2026 à l’occasion des 10es Universités d’Octobre, le président du mouvement, Germain Kambinga, a défendu un dialogue « du Congo réel », allant des territoires jusqu’à Kinshasa. Pour ce mouvement, le dialogue reste nécessaire dans le contexte actuel marqué par la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo. Mais il ne peut être question d’un processus conduisant à « la capitulation » ou récompensant les acteurs qui auraient obtenu des positions par les armes.
« Dialoguer, oui ; capituler, non », dit-il, insistant sur la nécessité de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.
Le mouvement dit toutefois soutenir le format annoncé en août 2026 par Félix Tshisekedi, présenté comme un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Le processus doit, selon le Centre, commencer dans les 26 provinces, descendre dans les territoires et les communautés avant de culminer par des assises nationales à Kinshasa, avec l’ambition d’aboutir à un Pacte national et à une stratégie de mise en œuvre.
Cette approche, précise le mouvement, vise à élargir la participation au-delà des seuls responsables politiques. Le Centre estime qu’une maman de Beni doit pouvoir s’exprimer sur les questions de sécurité, un étudiant de Mbuji-Mayi sur l’emploi, un enseignant de Kikwit sur l’État, un chef coutumier du Kasaï sur les terres ou encore un déplacé de Masisi sur la paix.
« Voilà le dialogue que je veux : un dialogue du Congo réel », affirme le président du mouvement.
Le Centre établit néanmoins une distinction entre le dialogue politique national et les négociations liées au conflit armé. Le discours estime que les discussions sur le cessez-le-feu, le désengagement, la libération des prisonniers ou le retour des populations peuvent se poursuivre dans les cadres de Doha, de Washington ou d’autres médiations. En revanche, le dialogue national devrait, selon cette position, être consacré à la refondation de la République entre les acteurs qui reconnaissent l’ordre républicain.
Le mouvement appelle également la majorité et l’opposition à dépasser les affrontements politiques classiques. À l’opposition, il reconnaît le droit de manifester, de critiquer et de contester, tout en l’invitant à venir au dialogue avec un projet de société. À la majorité, il rappelle que la mobilisation populaire ne constitue pas, à elle seule, un bilan de gouvernance.
Au-delà du contexte sécuritaire, le dialogue est donc présenté comme une opportunité de repenser le fonctionnement de l’État congolais. Le Centre défend notamment une nouvelle architecture institutionnelle, davantage de responsabilité politique, des contre-pouvoirs effectifs, une décentralisation réelle et une capacité renforcée de l’État dans les domaines militaire, administratif, judiciaire, fiscal et industriel.