RDC : les faiblesses de la Constitution relevées par Nouvel Élan de Muzito
Le parti Nouvel Élan, formation politique chère à Adolphe Muzito, s’est prononcé en faveur du changement de la Constitution, lors d’un meeting populaire tenu ce dimanche 17 mai 2026 au terrain Assossa, dans la commune de Kasa-Vubu, à Kinshasa.
Pour ce parti vert et blanc proche du vice-Premier ministre en charge du Budget, l’actuelle Constitution, promulguée le 18 février 2006 et qualifiée de « Constitution des belligérants », comporte plusieurs faiblesses aussi bien sur le fond que sur la forme.
Les faiblesses sur la forme
Face aux militants, cadres et sympathisants du parti, Blanchard Mongomba, secrétaire général de Nouvel Élan, a remis en cause les origines de la Constitution de 2006, issue selon lui des pourparlers de Sun City entre des « belligérants » qui n’avaient pas reçu mandat du peuple pour élaborer cette loi fondamentale.
« Posez la question à l’histoire. Vous allez comprendre que cette Constitution de 2006 tire ses origines de Sun City. Qui a pris part aux discussions de Sun City ? Ce sont des belligérants qui s’y sont réunis pour élaborer le projet de cette Constitution. Une Constitution républicaine doit venir du peuple », a-t-il déclaré.
Deuxièmement, Nouvel Élan critique la stratégie mise en place par l’ancien régime pour faire adopter la Constitution par référendum. Pour Blanchard Mongomba, ce référendum avait été organisé sans une véritable vulgarisation de la loi fondamentale auprès du peuple congolais.
Le parti d’Adolphe Muzito estime également que l’actuelle Constitution a été promulguée par l’ancien président Joseph Kabila, alors que ce dernier, selon Blanchard Mongomba, aurait triché lors de l’élection présidentielle de l’époque.
Faiblesses sur le fond
Sur le fond, Nouvel Élan estime que la Constitution actuelle ne prend pas en compte plusieurs questions existentielles. Parmi celles-ci figurent notamment la titrisation des terres, visant à reconnaître légalement les droits fonciers des communautés locales ainsi que ceux des chefs coutumiers à travers l’octroi de titres de propriété.
« Nous devons changer cette Constitution parce qu’il y a des questions essentielles et existentielles qui exigent que nous débattions afin d’apporter nos idées, notamment la titrisation des terres », a soutenu Blanchard Mongomba.
Se disant attaché aux principes démocratiques, Nouvel Élan affirme attendre l’ouverture d’un débat avec l’opposition, qui rejette toute réforme constitutionnelle, avant de laisser la décision finale au peuple, souverain primaire.