Financement de l’éducation et de la formation en RDC : Daniel Mukoko clôture les travaux du segment politique de haut niveau sur un appel à des réformes durables

L’atmosphère est solennelle en cette fin de travaux. Face à une assemblée attentive, le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko, prend la parole pour clore officiellement, le segment politique de haut niveau sur le financement durable de l’éducation et de la formation.

Dan de Dieu Kayanda

30 Avril 2026 - 16:45
30 Avril 2026 - 16:48
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Financement de l’éducation et de la formation en RDC : Daniel Mukoko clôture les travaux du segment politique de haut niveau sur un appel à des réformes durables
Daniel Mukoko Samba, vice-premier ministre, ministre de l’Economie nationale

Au nom de la Première ministre, Judith Suminwa, il salue des échanges « riches et constructifs » et met en avant les avancées enregistrées grâce à la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation (SSEF 2016-2025), notamment dans la transformation du capital humain. Mais le ton reste lucide : des fragilités subsistent et exigent des ajustements structurels.

Dans la salle, le message est clair : l’heure est désormais à l’action. Mieux structurer le financement, diversifier les chaînes de valeur du secteur éducatif et renforcer la durabilité des réformes figurent parmi les priorités. La future SSIEF 2026-2030, adossée à la Déclaration de Kinshasa, devra être portée par tous. Puis, dans un silence attentif, il déclare clos les travaux.

Raïssa Malu fixe les priorités : qualité, enseignants et gouvernance

Quelques minutes plus tôt, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, avait donné le cap stratégique. 

Présidente du Groupe thématique éducation (GTE), elle dévoile les arbitrages de la future Stratégie sectorielle intérimaire (SSIEF 2026-2030). Son message tranche : recentrer le système éducatif sur les apprentissages et la qualité. Au cœur de cette ambition, la formation des enseignants et l’investissement dans le capital humain apparaissent comme des leviers incontournables.

Elle insiste également sur un enjeu clé : rapprocher l’école de l’économie réelle. Valorisation des compétences, passerelles avec le secteur productif, implication accrue du secteur privé, autant de pistes pour renforcer l’employabilité des jeunes.

Sur le plan institutionnel, la ministre appelle à une refondation du pilotage du système : meilleure coordination des acteurs, clarification des responsabilités et gouvernance renforcée. À cela s’ajoute une exigence forte : un financement plus cohérent et mieux aligné pour éviter la dispersion des ressources et maximiser leur impact.

En conclusion, elle rappelle l’essence même de l’école : former des citoyens capables de comprendre et de transformer leur environnement.

Valère Munsya met en lumière les acquis et les défis

En amont, le professeur Valère Munsya, secrétaire permanent du SPACE, avait dressé un tableau sans concession des travaux menés. À travers la présentation des priorités consolidées, il revient sur l’évaluation de la SSEF 2016-2025, l’état d’avancement du Pacte de partenariat et les réformes engagées.

Les ateliers thématiques ont permis de croiser les regards et de faire émerger une lecture partagée : des acquis réels, mais aussi des défis persistants. Parmi eux, la qualité des apprentissages, la faiblesse et la fragmentation du financement, ainsi que les limites du pilotage du système.

Un point retient particulièrement l’attention : l’importance des données. Mieux produire, mieux exploiter et mieux articuler les informations entre sous-secteurs devient un levier essentiel pour orienter les décisions et améliorer la performance globale.

En conclusion, il insiste sur l’enjeu central de ces assises : transformer les orientations en actions concrètes pour une réforme durable du système éducatif congolais.

Au terme de ces travaux, une dynamique semble enclenchée. Entre constats lucides et ambitions affirmées, les acteurs du secteur éducatif repartent avec une feuille de route claire : faire de la qualité, de la gouvernance et du financement durable les piliers d’une transformation en profondeur de l’éducation en République démocratique du Congo.

Dan de Dieu Kayanda Chrétien, journaliste professionnel et passionné, blogueur, chargé de communication, community manager, chercheur en data journalism, amoureux des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication.