Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême de l’Iran après la mort de son père

Le 28 février 2026, l’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la Iran depuis 1989, a été tué lors de frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël. Sa disparition met fin à 37 années d’un règne marqué par une concentration exceptionnelle du pouvoir entre les mains d’un seul homme, au sommet de la République islamique d’Iran.

Plamedi MASAMBA

9 Mars 2026 - 20:02
9 Mars 2026 - 20:07
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Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême de l’Iran après la mort de son père

Peu charismatique et considéré à ses débuts comme un religieux de rang modeste, Ali Khamenei avait pourtant réussi à s’imposer comme la figure centrale du système politique iranien. Sa mort ouvre désormais une période d’incertitude pour le pays, tant la fonction de Guide suprême s’est confondue avec sa personne pendant plus de trois décennies.

Mojtaba Khamenei désigné pour lui succéder

En pleine confrontation avec Washington et Tel-Aviv, l’Assemblée des experts a rapidement désigné son successeur : Mojtaba Khamenei, le fils du défunt dirigeant. Né le 8 septembre 1969 à Machhad, dans le nord-est du pays, le religieux chiite de 56 ans devient officiellement, le 8 mars 2026, le nouveau Guide suprême de l’Iran.

Composée de 88 dignitaires religieux, l’Assemblée des experts affirme ne pas avoir hésité à lui confier la direction du pays. Cette nomination est largement interprétée comme un signe de consolidation du pouvoir des conservateurs et de continuité avec la ligne politique dure défendue par son père.

À Téhéran, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour afficher leur soutien au nouveau dirigeant. Dans un communiqué officiel, l’Assemblée des experts a appelé la population iranienne à soutenir le nouveau Guide et à « préserver l’unité » du pays dans ce moment délicat.

Un homme discret mais influent

Peu connu du grand public, Mojtaba Khamenei est souvent décrit comme une figure discrète mais influente dans les cercles du pouvoir iranien. Depuis les années 1990, il aurait tissé des relations étroites avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), la puissante force militaire et idéologique de la République islamique.

Selon l’analyste Kasra Aarabi, de l’organisation United Against Nuclear Iran, Mojtaba Khamenei « bénéficie d’un fort soutien au sein du CGRI, notamment auprès de la jeune génération radicale ». Ce soutien militaire pourrait s’avérer déterminant pour consolider son pouvoir dans un contexte régional explosif.

Dans la foulée de son investiture, les Gardiens de la Révolution, les forces armées, la police ainsi que les services diplomatiques iraniens ont prêté allégeance au nouveau Guide suprême.

Des réactions internationales contrastées

À l’étranger, la nomination de Mojtaba Khamenei suscite des réactions très contrastées. Le président américain Donald Trump a estimé que le nouveau Guide « ne tiendrait pas longtemps sans l’aval de Washington », allant jusqu’à le qualifier de « poids plume ».

Du côté israélien, le ministre de la Défense a affirmé que le nouveau dirigeant iranien pourrait devenir une « cible à éliminer », signe que les tensions restent extrêmement élevées entre les deux pays.

À l’inverse, les alliés traditionnels de Téhéran ont affiché leur soutien. Le président russe Vladimir Poutine a assuré Mojtaba Khamenei de son « soutien indéfectible ». La Chine s’est pour sa part contentée de qualifier la décision de l’Assemblée des experts de « conforme » à la Constitution iranienne.

Un partisan assumé de la ligne dure

Bien qu’il n’ait jamais occupé de fonction publique officielle, Mojtaba Khamenei aurait exercé une influence importante dans les coulisses du pouvoir iranien depuis près de trois décennies. Il aurait notamment joué un rôle clé dans l’ascension de Mahmoud Ahmadinejad, élu président en 2005 et resté au pouvoir jusqu’en 2013.

Sa réélection en 2009 avait provoqué d’importantes manifestations en Iran, violemment réprimées par les autorités. Plusieurs rapports ont alors évoqué le rôle croissant de Mojtaba Khamenei dans la gestion de cette crise et dans la répression des mouvements de protestation.

Aujourd’hui à la tête de la République islamique, le nouveau Guide suprême hérite d’un pays confronté à de fortes tensions internes et à une confrontation ouverte avec ses adversaires internationaux. Son accession au pouvoir marque à la fois une continuité dynastique et l’ouverture d’une nouvelle phase incertaine pour l’Iran.

Plamedi MASAMBA Diplômé d'une école de journalisme de renom, informer est plus qu'un travail, c'est une passion. Consultez mes articles sur la culture, les sports et les TIC sur Une.cd.