Kinshasa : clôture de l’atelier « Voix des aînés » , cap sur la décente sur terrain
L’atelier « Voix des aînés, choix plus écologiques » s’est achevé ce jeudi 16 avril 2026 à Kinshasa, après trois jours de formation intensive consacrés à la mobilisation des récits oraux pour sensibiliser aux enjeux environnementaux, notamment les inondations dans la capitale.
Durant trois jours cet atelier a réuni un panel d’intervenants issus du monde académique et scientifique. Parmi eux, Donatien Dibwe, professeur émérite à l’Université de Lubumbashi et parrain de l’atelier, ainsi que Naomi Nabami de l’Université d’Anvers, qui a introduit les bases de l’histoire orale.
Plusieurs experts ont approfondi les réflexions autour de cette approche, notamment Jacques Ngangala et Pascaline Pindi, tandis que l’anthropologue Peter Lambertz et l’historienne Margot Luyckfasseel ont apporté des éclairages complémentaires.
De son côté, Fils Makanzu a permis aux participants de mieux comprendre le triptyque « érosion – ensablement – inondation », essentiel pour envisager des politiques de résilience adaptées à Kinshasa. Les contributions de Christian Chiza Kashurha, Alexis Trésor Vuni, Phillipe Ibaka et Paul Bakua Lufu ont également enrichi les échanges.
Une attention particulière a été portée à la dimension audiovisuelle du projet, avec l’intervention du cinéaste Paul Shemisi, qui a initié les participants aux techniques de tournage et à la préparation d’un documentaire, un des aboutissements attendus du programme.
Organisé avec la collaboration de quatre universités, l’atelier débouche désormais sur une phase de terrain. À l’issue de cette formation, les étudiants seront déployés dans différents quartiers de Kinshasa afin de collecter des témoignages auprès des aînés.
Pour Merveil Gretta Kadima, participante, cette expérience marque une prise de conscience : « Nous, Kinois, sommes aussi acteurs de ce fléau. Il ne s’agit pas seulement de catastrophes naturelles. Nous devons changer nos comportements et intégrer notre responsabilité envers l’environnement ». Elle insiste sur la nécessité d’une rééducation collective et d’une sensibilisation accrue pour faire face aux défis écologiques de la ville.
À travers cette initiative, les jeunes chercheurs sont appelés à devenir des relais entre mémoire collective et action environnementale, en donnant la parole à ceux qui vivent et comprennent, depuis longtemps, les réalités des inondations à Kinshasa.