Seth Kikuni : « C’est Tshisekedi qui supplie l’Angola de vendre l’idée d’un prétendu “dialogue national” pour masquer l’effondrement de son régime »

Alors que l’Angola prépare le terrain pour la tenue d’un dialogue entre Congolais, l’opposant Seth Kikuni y voit une manœuvre politique destinée à maintenir le régime de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo au pouvoir.

Hugues Mpaka

12 Janvier 2026 - 09:22
12 Janvier 2026 - 09:23
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Seth Kikuni : « C’est Tshisekedi qui supplie l’Angola de vendre l’idée d’un prétendu “dialogue national” pour masquer l’effondrement de son régime »
Seth Kikuni, opposant et président de Piste pour l’émergence

Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, le président de Piste pour l’émergence accuse le chef de l’État de chercher à instrumentaliser la médiation angolaise afin de « vendre » à l’opposition ainsi qu’à l’opinion nationale et internationale l’image d’un régime ouvert au dialogue, alors que, selon lui, le pouvoir en place traverse un effondrement politique, institutionnel et moral.

Pour Seth Kikuni, les conditions minimales d’un dialogue crédible ne sont pas réunies sous l’actuel régime. Le signataire de la déclaration « Sauvons le Congo » soutient qu’un véritable processus de concertation devrait reposer sur la bonne foi, l’égalité des parties et la fiabilité des engagements pris, des principes qu’il estime inexistants dans la gouvernance actuelle.

L’opposant met notamment en cause la parole du pouvoir, qu’il juge instable et sujette à des revirements permanents, rendant, selon lui, tout accord futur fragile et dépourvu de valeur contraignante. Dans ce contexte, affirme-t-il, toute tentative de dialogue ne serait qu’une illusion politique.

Allant plus loin, Seth Kikuni estime que Félix Tshisekedi ne peut être à la fois acteur central et arbitre d’un processus de sortie de crise. Le candidat malheureux aux élections présidentielles de 2018 et 2023 l’accuse d’être à l’origine des tensions multiformes que connaît le pays, notamment à travers ce qu’il qualifie de détournement des institutions républicaines, d’instrumentalisation de la justice contre les adversaires politiques et de rétrécissement de l’espace démocratique.

Dans ces conditions, l’opposant affirme refuser de participer à ce qu’il décrit comme une « mise en scène politique » visant davantage à légitimer le pouvoir en place qu’à répondre aux aspirations profondes du peuple congolais. S’il réaffirme son attachement au principe du dialogue comme instrument de règlement pacifique des crises, Seth Kikuni insiste toutefois sur la nécessité d’un processus crédible, neutre et sincère, orienté vers l’intérêt général. Selon lui, l’initiative portée par Félix Tshisekedi depuis l’Angola serait vouée à l’échec tant qu’elle restera, dit-il, au service de la préservation d’un homme au pouvoir plutôt que de l’avenir de la République démocratique du Congo.

Par ailleurs, plusieurs acteurs politiques s’interrogent sur ce énième processus de paix initié par l’Angola. Dans une lettre adressée au président angolais, le mouvement rebelle M23 exprime ses inquiétudes face à la multiplication « non coordonnée » des initiatives de paix, estimant qu’elle pourrait engendrer des chevauchements et des contradictions préjudiciables à l’efficacité des efforts engagés.

Hugues Mpaka Journaliste, rédacteur et reporter au sein de la rédaction de la UNE.CD ; Community Manager, passionné des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) ; licencié en Sciences de l'Information, département de multimédia de l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication (IFASIC), actuelle Université des Sciences de l’Information et de la Communication