RDC : Félix Tshisekedi convoque le dialogue national sans « ceux qui combattent l’ordre constitutionnel et occupent par la force une partie du territoire national »

Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé la convocation d’un dialogue national pour sortir le pays de la crise. Ce dialogue partira des 26 provinces avant de déboucher sur des assises nationales à Kinshasa, mais exclura ceux qui combattent l’ordre constitutionnel et occupent une partie du territoire national.

Hugues Mpaka

27 Août 2026 - 22:14
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RDC : Félix Tshisekedi convoque le dialogue national sans « ceux qui combattent l’ordre constitutionnel et occupent par la force une partie du territoire national »
Felix-Antoine Tshisekedi, lors de son adresse à la Nation sur le dialogue national

Contrairement aux précédents processus politiques organisés essentiellement à Kinshasa, le chef de l’État affirme que ce dialogue national aura d’abord un ancrage territorial. Avant les assises nationales, une vaste consultation politique et technique sera organisée dans chaque province. Des forums préliminaires réuniront notamment les populations, les autorités locales, les parlementaires élus de chaque province, les représentants des entités territoriales décentralisées et déconcentrées, les partis et regroupements politiques de la majorité et de l’opposition, la société civile, les autorités coutumières et les confessions religieuses.

Chaque province devra établir son propre diagnostic sur les problèmes qui la concernent, notamment l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités et les obstacles au développement.

Le processus devrait également s’étendre aux différentes catégories socioprofessionnelles et aux groupes vulnérables. Les organisations de femmes, de jeunes, de travailleurs et de personnes vivant avec handicap, mais aussi les entrepreneurs, agriculteurs, enseignants, chercheurs, artistes, professionnels de santé et acteurs de l’économie informelle seront consultés.

Pour Félix Tshisekedi, chaque entité consultée devra formuler ses priorités et ses propositions. L’ensemble des contributions sera ensuite consolidé dans un document de synthèse nationale qui servira de base aux travaux des assises nationales.

« Les assises de Kinshasa ne seront pas le point de départ du dialogue, mais l’aboutissement d’une parole recueillie à travers tout le pays », a-t-il insisté.

Si Félix Tshisekedi insiste sur l’inclusivité du processus, il en fixe néanmoins une limite : les groupes armés ne pourront pas participer au dialogue national en qualité de composantes politiques.

« Nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion. Mais nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la nation, tout en prenant les armes contre elle », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État a ainsi visé les acteurs qui, au moment de l’ouverture du processus, « combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère ».

Cette position concerne notamment l’AFC-M23, mouvement armé qui contrôle plusieurs zones dans l’Est de la RDC et que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda.

« Aucune arme ne conférera à son porteur un droit supérieur à celui que le suffrage reconnaît aux citoyens. Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a martelé Félix Tshisekedi.

Le président congolais a par ailleurs tenu à distinguer le dialogue national du processus de paix de Doha. « Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec l’AFC-M23 des questions relatives à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement, au désarmement et aux autres modalités directement liées au conflit », a-t-il expliqué.

Une possibilité de réintégration dans la communauté nationale reste toutefois ouverte aux combattants qui renonceront individuellement et de manière « sincère et vérifiable » à la lutte armée et à toute forme de violence. Cette réintégration, insiste le chef de l’État, devra notamment s’inscrire dans les mécanismes de désarmement, démobilisation, réintégration, relèvement communautaire et stabilisation, ainsi que dans les dispositifs de justice et de réconciliation.

Félix Tshisekedi a aussi posé une autre ligne rouge : la recherche de la paix ne devra pas se faire au détriment de la justice. Les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, actes de génocide, violences sexuelles graves et autres crimes imprescriptibles ne pourront, selon lui, être effacés par une amnistie générale ou sacrifiés au nom d’un compromis politique.

« Nous ne construirons pas la réconciliation sur l’oubli », a-t-il insisté.

Hugues Mpaka Journaliste, rédacteur et reporter au sein de la rédaction de la UNE.CD ; Community Manager, passionné des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) ; licencié en Sciences de l'Information, département de multimédia de l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication (IFASIC), actuelle Université des Sciences de l’Information et de la Communication