Procès FRIVAO : le prisonnier Constant Mutamba jugé pour détournement présumé de près de 20 millions USD
L'ancien ministre d'État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, a comparu ce lundi 13 juillet 2026 devant la Cour de cassation dans une affaire de détournement présumé des fonds destinés à l'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en République démocratique du Congo.
Constant Mutamba et l'ancien directeur général a.i. du Fonds spécial de répartition de l'indemnisation aux victimes des activités illicites de l'Ouganda en République démocratique du Congo (FRIVAO), Chançard Bolukola Osony, sont notamment poursuivis pour un présumé détournement de 14 299 300 dollars américains au profit de la société Congo Energy. Ces fonds étaient destinés à la réhabilitation des infrastructures et à l'indemnisation des victimes. Les faits remontent au 17 avril 2025.
Outre cette affaire, le ministère public reproche également aux deux prévenus plusieurs autres détournements présumés intervenus entre septembre 2024 et avril 2025. Il s'agit notamment de 4 millions de dollars versés à l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) le 18 décembre 2024, de 200 000 dollars attribués à l'Assemblée provinciale de la Tshopo le 7 janvier 2025, de 1 024 000 dollars en faveur de l'entreprise Divo SARL le 19 septembre 2024, ainsi que de 715 864 dollars destinés à la société Tropic Architecture le 28 mars 2025.
Au total, les montants concernés par les différentes imputations avoisinent les 20 millions de dollars américains.
Prenant la parole, le prévenu Constant Mutamba, cité à comparaître le 19 mai dernier, a déclaré n'avoir jamais reçu la citation de la Cour de cassation, contestant les mentions figurant sur l'acte.
« J'étais sur mon lit d'hôpital le 3 juillet. Je n'ai jamais vu entrer un greffier du nom de Kinakina. Je n'ai jamais reçu une seule notification. Dire que je me suis réservé de signer est un faux. C'est très grave », a-t-il déclaré devant la Cour.
Constant Mutamba avait déjà été condamné, en septembre 2025, à trois ans de travaux forcés pour le détournement de 19 millions de dollars alloués à la construction d'une prison à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.