Platini Sadisa : « Ces hommes en uniforme m’ont dit que mon sort dépendait de Rebo »
L’identité du chauffeur victime de torture dans l’affaire impliquant Rebo Tcholo est désormais connue. Il s’agit de Platini Sadisa, résident à Kinshasa.
Libéré après avoir été violemment battu puis détenu, l’homme a livré sa version des faits dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux. Contrairement à certaines affirmations, Platini Sadisa nie être le chauffeur du manager de l’artiste, mais plutôt travaillant pour une société de location de véhicules, sollicitée dans le cadre d’un tournage dirigé par le réalisateur Jackem.
Platini Sadisa rejette catégoriquement toute accusation de vol visant les biens de l’artiste. Le chauffeur affirme également avoir subi des menaces, tant de la part des hommes en uniforme que de l’entourage de la chanteuse, y compris cette dernière.
« Je n’ai jamais mis la main dans son sac. Et je n’ai jamais volé ses biens personnels […] J’ai été énormément menacé par Rebo et son équipe », déclare-t-il.
Selon son récit, il aurait tenté de fuir pour se réfugier dans une concession gardée par des agents de sécurité, avant d’être intercepté par des éléments de la police militaire. Ces derniers auraient agi sur instruction, après avoir été appelés par l’artiste et son équipe.
« Vers 4 heures du matin, j’étais ligoté et sévèrement torturé lors d’un interrogatoire hors norme. Puis, ils m’ont conduit en face de l’hôpital du Cinquantenaire, au camp Kokolo, où j’ai passé une nuit de supplices. Ils m’ont promis la mort et m’ont forcé à enregistrer une vidéo dans laquelle je reconnaissais un vol que je n’ai pas commis. »
Platini Sadisa évoque aussi des pressions financières. Le conducteur affirme avoir été contraint de verser une somme d’argent de 500 dollars USD pour obtenir sa libération.
« Le chef de mon agence a payé 200 dollars, et moi-même j’ai donné 100 dollars que j’avais sur mon téléphone. J’ai ensuite dû hypothéquer le téléphone de mon grand frère venu me soutenir. »
D’après lui, la valeur des biens réclamés par l’artiste s’élevait initialement à 7.000 dollars américains, avant d’être revue à la baisse après négociations.
« Ils m’ont fait signer une décharge pour payer les objets supposément perdus. Après supplication, elle a accepté de réduire la somme à 3.000 dollars. »
Cette version des faits entre en contradiction avec celle de l’artiste. Une enquête judiciaire est attendue pour faire la lumière sur cette affaire, notamment à travers une éventuelle confrontation entre les différentes parties. Le dossier pourrait connaître de nouveaux rebondissements.