Guerre dans l’Est : l’AFC/M23 génère entre 17 et 20 millions de dollars par mois au Sud-Kivu (Jean-Jacques Purusi)
Chaque mois, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) génère des recettes estimées entre 17 et 20 millions de dollars dans les zones sous son contrôle au Sud-Kivu. Ces révélations ont été faites par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, lors du briefing de presse du jeudi 2 avril animé par le ministre de la Communication, Patrick Muyaya.
Le chef de l’exécutif provincial affirme que la présence rebelle de AFC/M23 a entraîné une perte d’environ 84 % des recettes du Sud-Kivu. Selon lui, la chute de centres stratégiques tels que Bukavu, Walungu, une partie de Kalehe ainsi que Kabare a fortement réduit la capacité financière de la province.
Avant ces pertes territoriales, a-t-il précisé, le budget provincial projeté s’élevait à 66 millions de dollars américains par an, soit environ 5,5 millions mensuels. Mais après le repli des institutions à Uvira, la province a perdu l’essentiel de ses leviers économiques.
« L’AFC/M23 appuyée par le Rwanda a récolté des taxes. Ils ont mis en exécution notre plan de développement, déjà structuré, et ont généré jusqu’à 17 millions USD par mois selon nos enquêtes. Tout cet argent a traversé de l’autre côté vers le Rwanda », a-t-il déploré.
Ces revenus, ajoute-t-il, sont transférés vers le Rwanda. Une situation qui accentue l’asphyxie économique du Sud-Kivu et compromet les efforts de stabilisation et de reconstruction.
Le gouverneur dénonce également une fiscalité coercitive imposée aux populations locales, déjà fragilisées par le conflit et la crise socio-économique.
Face à l’effondrement des ressources internes, les autorités provinciales envisagent désormais des solutions alternatives avec l’appui du gouvernement central. Jean-Jacques Purusi indique avoir obtenu l’autorisation de mobiliser les recettes aux postes frontaliers encore sous contrôle, en misant notamment sur la bancarisation, la numérisation des services fiscaux et la mise en place d’un guichet unique.