Ebola : le mouvement « Peuple Telema » exige la création d’un Fonds National d’Urgence Sanitaire et l’intégration des autorités traditionnelles à la riposte
Le mouvement politique « Peuple Telema » dénonce la « faillite de la politique sanitaire de l’État » dans la lutte contre la 17ème épidémie d’Ebola qui sévit dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon Peuple Telema, la RDC paie aujourd’hui le prix de l’absence de mécanismes durables de prévention, malgré les seize précédentes vagues d’Ebola enregistrées dans le pays. Le mouvement regrette notamment qu’aucun protocole solide n’ait été institutionnalisé pour anticiper les résurgences de cette maladie meurtrière.
Dans sa déclaration, Peuple Telema critique également le déficit de sensibilisation dans les zones à risque ainsi que la rupture de communication entre les autorités sanitaires et les communautés locales. Le mouvement estime que l’absence d’implication des leaders coutumiers et religieux dans la riposte affaiblit la confiance des populations et freine leur adhésion aux mesures sanitaires.
Autre inquiétude soulevée : l’absence d’un mécanisme financier autonome pour faire face aux crises sanitaires. À ce sujet, Peuple Telema exige la création d’un Fonds National d’Urgence Sanitaire afin de permettre à la RDC de disposer de moyens rapides de surveillance et de riposte, sans dépendre exclusivement de l’aide extérieure.
Le mouvement plaide également pour la décentralisation des laboratoires de l’INRB au plus près des zones exposées, afin de faciliter le diagnostic rapide et la transmission des données épidémiologiques.
Peuple Telema appelle la classe politique congolaise à mettre de côté les querelles autour de la révision constitutionnelle pour se concentrer sur les préoccupations urgentes de la population, particulièrement dans les régions touchées par l’insécurité et les épidémies.
Le mouvement invite la communauté internationale à soutenir l’ouverture urgente d’un corridor humanitaire et sanitaire via l’aéroport de Goma, en vue de venir en aide aux populations affectées par l’insécurité dans l’Est du pays.