Révision constitutionnelle : Denis Mukwege sidéré par les humiliations réservées à Kamerhe et Bahati
Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege s’est dit « sidéré » par le « rabaissement public » de Vital Kamerhe et de Modeste Bahati Lukwebo, après leur prise de position contre la révision ou le changement de la Constitution du 18 février 2006.
Pour le réparateur des femmes victimes de viol, les démissions de Vital Kamerhe et de Modeste Bahati Lukwebo, respectivement aux postes de président de l’Assemblée nationale et de deuxième vice-président du Sénat, traduisent une inversion des rôles dans les institutions, où les représentants du peuple seraient désormais sanctionnés lorsqu’ils expriment un désaccord avec le pouvoir exécutif.
Denis Mukwege affirme que les deux responsables politiques avaient, en s’opposant à un tel projet, exercé leur mission fondamentale qui consiste à représenter le peuple, qualifié de « souverain primaire ». Il regrette toutefois qu’ils aient ensuite demandé publiquement la clémence présidentielle, une attitude qu’il juge humiliante et contraire à la dignité que doivent incarner les dirigeants politiques.
Denis Mukwege interpelle également les parlementaires encore en fonction, leur demandant où se situe désormais leur dignité face aux pressions politiques. Il estime que les élus devraient rester fidèles à leur mission première, celle de défendre l’intérêt du peuple, même au prix de leur position ou de leur carrière politique.
Le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2018 appelle par ailleurs le chef de l’État à ne pas céder aux « courtisans du régime », qu’il accuse d’agir davantage pour leurs intérêts personnels que pour l’intérêt supérieur de la nation. Il invite plutôt le président à écouter la voix du peuple et à préserver les fondements démocratiques du pays.
Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo ont quitté leurs postes à l’Assemblée nationale et au Sénat selon le même scénario : prise de position contre la révision constitutionnelle, suivie d’une motion, d’excuses publiques tout en réaffirmant leur loyauté au président de la République, puis d’une démission.