Assemblée nationale : les députés du Nord-Kivu et de l'Ituri suspendent leur participation aux travaux suite au refus du Bureau d'ouvrir un débat sur la situation sécuritaire dans l'Est
Les députés nationaux élus du Nord-Kivu et de l’Ituri ont annoncé, samedi 13 juin, la suspension de leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale pour protester contre le refus du Bureau de la chambre basse d’inscrire à l’ordre du jour un débat consacré à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Réunis au sein de leur caucus, ces parlementaires estiment que la dégradation continue de la situation sécuritaire dans leurs provinces mérite une attention prioritaire de la représentation nationale. Ces élus dénoncent le silence des institutions face à la progression des groupes armés et à la multiplication des attaques contre les populations civiles.
« Nous sortons pour exprimer notre indignation face au comportement de certains collègues d'autres provinces qui ne mesurent pas la gravité de ce qui se passe à l'Est », a déclaré le député Daniel Furaha Uma, élu de Mahagi, en Ituri, et porte-parole du groupe.
Selon ces élus, la Chambre basse ne peut poursuivre ses activités habituelles alors que des milliers de Congolais vivent sous la menace permanente de l’insécurité. Ils réclament notamment l’organisation d’un débat parlementaire susceptible de déboucher sur des recommandations et des mesures concrètes en faveur du retour de la paix.
Les députés exigent également que les membres du gouvernement en charge de la Défense nationale, de l’Intérieur et de la Sécurité viennent présenter devant la plénière l’état de la situation sur le terrain ainsi que les stratégies mises en œuvre pour faire face aux défis sécuritaires.
Rappelons que les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu sont placées sous état de siège depuis mai 2021. Le président de la République avait décrété cette mesure exceptionnelle dans le but de lutter contre l’insécurité persistante qui sévit dans cette partie du pays.