Vital Kamerhe à Joseph Kabila : « On n'efface pas son propre bilan en accusant son successeur »
Après l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), associé à des figures de l’AFC/M23, Vital Kamerhe dénonce la contradiction entre les appels à la paix de l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila, et le recours aux armes, tout en réaffirmant son soutien au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Dans une déclaration, Vital Kamerhe estime qu’aucune divergence politique ne peut justifier une prise d’armes contre son propre pays. Fort de son expérience dans la gestion des conflits, il appelle les responsables de ce mouvement à reconsidérer leur démarche et à privilégier le dialogue pour résoudre les différends politiques.
« À quoi bon prendre les armes pour finir autour de la table de négociation, alors que le dialogue aurait pu permettre d'éviter tant de pertes en vies humaines ? », s’interroge-t-il.
Le président de l’Union pour la Nation congolaise critique également le décalage qu’il observe entre les discours de paix de Joseph Kabila et ses actes.
« Monsieur le Président honoraire, vous appelez à la paix dans vos discours, vous appelez à la rébellion dans vos actes. Le peuple vous jugera sur vos actes. On n'efface pas son propre bilan en accusant son successeur », déclare-t-il.
Sur le plan politique, Vital Kamerhe réaffirme son soutien à Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il présente comme son allié et partenaire politique. Il estime que l’évolution de la situation conforte les mises en garde du chef de l’État face à une menace qu’il avait identifiée.
« Cette évolution […] nous commande de resserrer nos rangs autour de la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’ordre constitutionnel », souligne-t-il, insistant sur la nécessité de préserver l’unité nationale dans un contexte de tensions politiques et sécuritaires.
Pour Vital Kamerhe, les divergences entre acteurs politiques congolais doivent trouver une issue dans les mécanismes de dialogue plutôt que dans la violence armée. Il considère que la préservation des vies humaines et de la souveraineté de la République démocratique du Congo doit primer sur toute ambition politique.