Tanzanie : l’exploitation minière de RUBY INTERNATIONAL MINING de Mahenge sous le regard des défenseurs des droits humains et de l’environnement

Sous une chaleur étouffante, et après près de 500 kilomètres depuis Dar es Salaam, une délégation d’activistes environnementaux et de leaders communautaires venue de la République Démocratique du Congo a atteint Mahenge, dans la région de Morogoro en Tanzanie pour observer le fonctionnement d’un site d’exploitation minière : RUBY INTERNATIONAL MINING. 

Une.cd

20 Mai 2026 - 20:50
20 Mai 2026 - 20:53
 0
Tanzanie : l’exploitation minière de RUBY INTERNATIONAL MINING de Mahenge sous le regard des défenseurs des droits humains et de l’environnement
Tanzanie : l’exploitation minière de RUBY INTERNATIONAL MINING de Mahenge sous le regard des défenseurs des droits humains et de l’environnement

Casques de sécurité sur la tête, la délégation a parcouru des allées animées par les camions miniers, traversé un paysage marqué par la poussière rouge et tenté de comprendre comment l’activité minière de ce coin se répercute sur les communautés vivant à proximité.

Au cœur des échanges, l’objectif était clair : évaluer la manière dont les entreprises minières gèrent les droits humains, la protection de l’environnement et les intérêts des populations autour des zones d’extraction. Les représentants des associations congolaises FDAPID et ACEDH étaient sur le terrain afin de confronter les principes annoncés aux réalités observables, et de documenter les mécanismes de responsabilité mis en place.

Terriers, partenariats et répartition des revenus

À en croire l’ingénieur qui a accueilli la délégation sur place, l’exploitation minière s’appuie sur un système où des terrips (propriétaires de l’espace) collaborent avec des associations, des entreprises ou encore des acteurs politiques, notamment impliqués dans la commercialisation du minerai extrait. Selon les explications fournies, la population autochtone serait également considérée comme propriétaire du lieu, et le site fonctionnerait ainsi dans un cadre de partenariat avec des sociétés.

Dans la répartition présentée, 0,3 % du revenu serait réservé à la population, 3 % au gouvernement local et 5 % au gouvernement central. À côté de la redevance, l’entreprise accompagnerait des actions sociales, mais selon les informations rapportées ces initiatives relèveraient aussi de sa propre démarche.

À en croire l’ingénieur, l’extraction se fait avec usage d’explosifs, mais l’entreprise affirme avoir pris des dispositions afin de limiter les risques pour la vie humaine, notamment en encadrant la main-d’œuvre et en considérant la communauté environnante. Les explications indiquent toutefois que les travailleurs de la mine ne disposeraient pas de contrats de travail : ils seraient principalement des journaliers, avec des catégories décrites distinctement selon les rôles creuseurs, terriers et exploitants.

La mission s’est aussi concentrée sur la dimension environnementale. À en croire l’ingénieur, l’entreprise prendrait des mesures pour éviter notamment la pollution de la rivière qui alimente la population locale. Plus encore, des organisations de la société civile effectueraient des visites régulières, notamment un check-up tous les trois mois : à la suite de ces évaluations, l’entreprise serait appelée à répondre lorsque des constats sont formulés dans les rapports.

Selon les informations partagées, en cas de dommages environnementaux avérés, l’entreprise pourrait faire face à des amendes fixées par l’État en fonction de la gravité du dommage constaté. Mais pour les organisations de la société civile, l’enjeu reste de vérifier, dans la durée, si ces mécanismes se traduisent concrètement par une amélioration tangible des conditions de vie des communautés. 

En longeant les contours du site, la délégation a trouvé un système structuré, mais aussi des zones d’attention exigeantes : la sécurité des travailleurs journaliers, le rôle des terriers dans l’accès aux revenus, et la capacité réelle des systèmes de contrôle à prévenir les dommages avant qu’ils ne deviennent irréversibles. 

GLODY NDAYA

Une.cd UNE.CD est un média en ligne basé à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, qui collecte, traite et diffuse des informations générales de la RDC, l'Afrique et le Monde. Grâce à nous, l'actualité vous suit partout en temps réel sur votre téléphone, tablette et ordinateur en un seul clic.