Sortie du gouvernement Suminwa : quand « imminent » perd son sens
En République démocratique du Congo, une nouvelle semaine est sur le point de finir sans nouveau gouvernement. « La sortie du gouvernement Suminwa est imminente », annonçait pourtant, tambours battants, Tina Salama, porte-parole du président de la République pour qui tout était « fin prêt » et que la publication était « question d’heures ».
Depuis cette « imminence », 72 heures se sont écoulées sans fumée blanche. Une attente « chiante » pour une population ayant passé les deux derniers jours à scruter le programme de la télévision nationale dans l’espoir de lire le fameux « Bientôt une communication importante de la présidence ». Ni vendredi, ni samedi, favorisant ainsi la tombée d’une pluie d’infox dans les réseaux sociaux.
Si la speakerine du président a confirmé le dépôt de la monture gouvernementale par la Première ministre, tout le monde s’interroge désormais sur le point de blocage, alors que quatre mois sont passés depuis l’investiture de Félix Tshisekedi, le 20 janvier, pour un second et dernier mandat constitutionnel. Dans cette monture sur la table du président, la cheffe du gouvernement a proposé trois noms par poste, lui laissant ainsi le choix d’agir selon son « pouvoir discrétionnaire ».
Serait-ce le président qui tarde le pied ? Personne ne saurait répondre clairement. Est-il qu’il -le président- apparait clairement comme le grand perdant avec déjà cinq mois consommés, sans réellement début le quinquennat, sur les soixante que le peuple lui a accordé à l’issue de la présidentielle du 20 décembre 2023 et ce, malgré les consultations de l’informateur Kabuya et de la Première ministre Suminwa Tuluka.
Pour plusieurs Congolais, la sortie de la nouvelle équipe gouvernementale devrait être un élément déclencher pour un début de solution aux problèmes qui écument la République démocratique du Congo, notamment les questions les plus urgentes de la vie sociale. La nomination, le 1er avril, de Judith Suminwa Tuluka avait surtout suscité de l’enthousiasme avec, pour la première fois, une femme à la tête du gouvernement. Près de deux mois après, la léthargie a eu l’effet d’un extincteur. Une latence qui plonge le pays dans une impasse avec des urgences nationales plus que jamais multipliées: allant de la guerre dans l’Est à la cherté de la vie, en passant par la pauvreté de la population.