RDC : « Entre neutralité affichée et ouverture implicite : la position trouble de l’ECC », Claudel Lubaya

Une.cd

8 Juin 2026 - 10:51
8 Juin 2026 - 10:51
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RDC : « Entre neutralité affichée et ouverture implicite : la position trouble de l’ECC », Claudel Lubaya
Claudel Lubaya, opposant politique & député national honoraire

A l’issue de sa soixante-sixième session tenue le week-end dernier à Kinshasa, l’Église du Christ au Congo (ECC) a publié un communiqué dont la formulation apparaît particulièrement équivoque. Loin de dissiper les interrogations, ce texte entretient une certaine ambiguïté sur la question essentielle qui préoccupe aujourd’hui l’opinion publique, à savoir la menace qui pèse sur la Constitution du 18 février 2006.

Recommander un dialogue global, inclusif et apaisé comme voie de résolution des nombreux défis auxquels la Nation est confrontée est une chose. En faire toutefois le cadre privilégié d’un débat sur le changement de la Constitution, sans réaffirmer au préalable et sans ambiguïté le caractère intangible des dispositions protégées par l’article 220 de la Constitution, en est une autre. 

C’est précisément là que réside le malaise suscité par cette déclaration. Alors que de nombreux Congolais attendaient de l’ECC une position claire et sans équivoque sur le sujet, celle-ci a préféré adopter une posture de neutralité qui, en réalité, masque une prise de position implicite. Dans les circonstances actuelles, cette position peut être interprétée comme une ouverture implicite au fantasme constitutionnel du pouvoir, à savoir la remise en cause des verrous constitutionnels destinés à prévenir toute tentation de personnalisation ou de confiscation du pouvoir.

En affirmant que les réflexions relatives aux réformes constitutionnelles sont pertinentes et constructives, tout en laissant entendre qu’un consensus national pourrait permettre d’aborder même les matières visées à l’article 220, l’ECC introduit une zone grise qui nourrit les inquiétudes au lieu de les dissiper.

Mieux vaut tard que jamais. L’ECC gagnerait à clarifier sa position de manière explicite et sans équivoque. Son devoir historique, moral et patriotique est de dire clairement si elle considère la Constitution du 18 février 2006 comme le socle intangible du pacte républicain ou si, au contraire, elle estime que certaines de ses dispositions protégées peuvent être remises en cause.

A défaut d’une telle clarification, sa déclaration risque d’être perçue non comme une simple invitation au dialogue, mais comme un alignement discursif sur les thèses favorables à un changement de la Constitution. 

Une telle posture soulève d’autant plus d’interrogations que, jusqu’à ce jour, la Constitution n’a jamais constitué un obstacle à l’enrichissement indu des détenteurs du pouvoir, pas plus qu’elle n’est responsable de la pauvreté croissante, de la mauvaise gouvernance ou de la dégradation continue des conditions de vie de la population.

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