RDC : des anciens détenus arrêtés pour leur proximité avec l’AFC-M23 affirment n’en avoir jamais été membres
Des anciens détenus, arrêtés pour leur supposée proximité avec le mouvement rebelle AFC-M23, affirment avoir été détenus sans en être membres. Cette dénonciation a été faite par Célestin Ngoma, au nom des personnes libérées par Kinshasa dans le cadre du processus de Doha.
Dans son intervention, à l’issue d’une rencontre avec Corneille Nangaa et d’autres cadres de l’AFC-M23, Célestin Ngoma a d’abord dénoncé les conditions carcérales difficiles qui leur étaient réservées par les services de sécurité.
« Nous venons des différentes prisons : d’autres viennent des cachots de l’ANR, d’autres de la DEMIAP, d’autres encore des prisons de Makala et de Ndolo. Dans ces endroits, il n’y a pas de vie. Si vous y êtes conduits, vous êtes candidat pour la mort, car vous aurez du mal à respirer. Une cellule à Ndolo, construite pour 62 personnes, mais on y met 234 détenus », a-t-il déclaré.
Pour Célestin Ngoma, la plupart des personnes arrêtées et jetées en prison dans ce cadre le sont non pas en raison de leur appartenance au mouvement politico-rebelle AFC/M23, mais en raison de leur apparence physique, notamment parce qu’elles sont nilotiques.
« Plusieurs d’entre nous qui étions arrêtés n’avions aucune liaison avec l’AFC-M23. Nous étions arrêtés sur des accusations mensongères. Dès que vous osez parler, on vous arrête et on vous colle une attache à Kabila, même sans preuve », a-t-il ajouté.
L’ancien secrétaire permanent et porte-parole du PALU dénonce également les tortures dont sont victimes certaines personnes arrêtées, conduisant, selon lui, certaines d’entre elles à la mort. Célestin Ngoma affirme avoir dénombré 36 morts rien qu’à la prison militaire de Ndolo.
Au total, quinze personnes ont été libérées par Kinshasa, puis remises à l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), dans le cadre du processus de Doha, avec la facilitation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).