Kinshasa : le député national André Mushongo accusé d’abus de pouvoir à Kindele
Le député national André Mushongo est accusé d’avoir mené des actions musclées dans le quartier Kindele, commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa, dans le cadre d’un conflit lié à la réhabilitation de l’avenue Zahabu. Selon plusieurs témoignages recueillis par UNE.CD, l’élu aurait fait détruire une partie de la concession de feue Mireille Zahabu, sans disposer de documents officiels lui en donnant le droit.
En mai dernier, accompagné de jeunes, de membres de sa famille et de quelques policiers, le député avait fait tomber les limites de cette parcelle qu’il considère comme « litigieuse », située à quelques mètres des Cliniques universitaires de Kinshasa. Des opérations similaires ont repris ces derniers jours, malgré l’absence de mandat légal.
L’un des successeurs de la défunte Mireille Zahabu affirme être actuellement en fuite après avoir reçu des menaces directes de l’élu.
« Il s’est lui-même constitué en agent de l’ordre pour m’arrêter, en représailles à ma contestation contre cette destruction », a-t-il confié.
Des vidéos parvenues à la rédaction de UNE.CD montrent le député de Tshikapa-ville (Kasaï) donner des instructions à des agents de l’ordre et à certains jeunes présentés comme des « Kuluna » pour démolir les limites de la parcelle. La fille de la défunte, qui filmait la scène, aurait été violemment brutalisée par un policier accompagnant le député. Son téléphone aurait été confisqué.
Le samedi 13 septembre, aux alentours de 20 heures, André Mushongo, escorté d’agents de police, aurait fait irruption dans la concession afin d’arrêter ce successeur. Absent des lieux, ce dernier échappe à l’arrestation.
Selon ses déclarations, l’élu aurait promis de « tout faire pour faire souffrir » la famille Zahabu, et envisagerait même de solliciter une révision des limites cadastrales pour acquérir une partie de la concession.
Face à ces actes, la famille de Mireille Zahabu dit se réserver le droit de saisir la justice pour ce qu’elle qualifie d’« abus de pouvoir » de la part d’un député « censé défendre les droits de la population » qui lui a donné mandat.