Équateur : pour le député provincial Vigilant Bozoko, la Constitution de 2006 ne correspond plus au vécu quotidien de la population
La question de la révision ou du changement de la Constitution de la République Démocratique du Congo, divise désormais la classe politique et la société civile. À l'occasion d'une Conférence organisée ce vendredi 12 juin, à l'Assemblée provinciale de l'Équateur sur l'opportunité de changer la Loi fondamentale, l'Honorable Vigilant Bozoko, Député provincial élu de Bomongo, s'est clairement prononcé pour son changement.
« L'actuelle Constitution est inadaptée aux réalités du vécu quotidien des congolais. Elle pose un problème de souveraineté nationale et bloque le fonctionnement harmonieux des institutions », a-t-il martelé devant l'assistance.
Selon l'élu de Bomongo, plusieurs dispositions ne répondent plus aux besoins du pays et constituent même des obstacles à la bonne marche des institutions. Il a affirmé avoir identifié plus de huit articles nécessitant un changement en profondeur. Parmi ceux-ci figurent notamment, l'article 10 sur la nationalité, l’article 43 relatif à la gratuité de l’enseignement de base, ainsi que plusieurs autres dispositions qui régissent les prérogatives du Président de la République et du Premier ministre.
Ambiguïtés institutionnelles
Le député Vigilant Bozoko a en plus dénoncé des contradictions institutionnelles, citant à titre indicatif, les articles 83 et 86, dont la rédaction actuelle entretient, selon lui, des ambiguïtés dans la définition des rôles respectifs du Chef de l’État et du Chef du gouvernement.
Sur le plan de la souveraineté nationale
L'élu de Bomongo a pointé l’article 217, le jugeant problématique : « Cette disposition mérite une réflexion approfondie en raison de ses implications sur l'exercice de la souveraineté de l'État congolais », a-t-il explicité.
Un appel au débat apaisé
Face aux craintes d'une partie de l'opinion qui soupçonne une manœuvre politicienne dans ce processus de changement de la loi fondamentale de 2006, le Député provincial Vigilant Bozoko a appelé à un débat serein et constructif :
« Le changement de la Constitution doit être analysé dans l’intérêt supérieur de la nation. Il ne s'agit pas de défendre des intérêts particuliers, mais de doter le pays d'un cadre juridique capable de répondre aux défis actuels et futurs. »
L'élu de Bomongo a enfin invité les jeunes et l'ensemble des citoyens à s'informer davantage sur les dispositions constitutionnelles concernées avant de prendre position.
Signalons que le changement de la Constitution reste aujourd'hui l'un des sujets brûlants du débat politique en RDC. Les avis divergent tant au sein de la population que parmi les dirigeants.
Hornela Mumbela