RDC : le Cardinal Ambongo dit ne voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » du changement de la Constitution
À l’occasion de la célébration du 66ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le cardinal Fridolin Ambongo a réaffirmé son opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution.
Dans son homélie prononcée lors d’une célébration eucharistique à la cathédrale Notre-Dame du Congo, l’archevêque métropolitain de Kinshasa a remis en question la pertinence d’un changement de la Loi fondamentale, notamment dans la perspective évoquée par certains d’un éventuel troisième mandat présidentiel.
« Pensez-vous vraiment que le changement de la Constitution, en vue d’un troisième mandat, soit la réponse la plus adéquate au drame de ces populations congolaises ? Nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la Constitution », a déclaré le cardinal.
Pour le prélat catholique, les priorités de la RDC demeurent avant tout le rétablissement de la paix, la sécurité des populations et l’amélioration des conditions de vie des Congolais, plutôt qu’un débat sur une révision constitutionnelle.
Dans son intervention, le cardinal Fridolin Ambongo a également dressé un tableau sombre de la situation du pays. Reprenant l’analyse formulée par les évêques catholiques, le numéro un de l’Église catholique en RDC a affirmé que « nous avons collectivement échoué » et que « la nation est en péril ».
Le cardinal a notamment évoqué la persistance de l’insécurité dans l’est du pays, où plus de 160 groupes armés restent actifs, l’occupation de plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par l’AFC/M23, la précarité sociale qui touche une grande partie de la population, ainsi que la résurgence, pour la 17ème fois, de l’épidémie d’Ebola.
« On dirait que tous les malheurs du monde se sont donné rendez-vous en République démocratique du Congo », a-t-il regretté.